Économie de la Suisse

Le modèle économique suisse est parmi les plus réussis à l’échelle mondiale.

Il se focalise sur l’export des produits à grande valeur ajoutée, sans être affecté par l’inexistence des matières premières ni un accès maritime.

Quant à l’inflation et au chômage, leur niveau est des plus bas.

Voici un éclairage sur l’économie helvétique.

La structure du PIB

La consommation publique est des plus modestes dans la zone OCDE, ne dépassant guère les 11,4, au moment où la consommation privée atteint les 57,9% du PIB.

Du côté des investissements la Suisse détient le taux le plus élevé parmi les pays du G8 et pourtant sa représentation dans le PIB de la confédération reste très faible. Chose due au solde largement excédentaire des échanges commerciaux.

En effet, les exportations constituent 50,4%, alors que les importations ne représentent que 40,2% réalisant un surplus de 10% du produit intérieur brut de la Suisse.

Les infrastructures

La Suisse dispose d’un large réseau routier et ferroviaire et avec la forte industrialisation européenne, le pays a grandement investi dans le réseau transalpin.

La Suisse compte 22 lacs et rivières navigables contribuant à l’essor du transport lacustre et fluvial avec un total de 13,4 millions de passagers. En plus elle dispose de trois aéroports internationaux et de trois secondaires. Le nombre de passagers qui ont utilisé les aéroports internationaux a franchi la barre de 37,6 millions passagers en 2008.

En ce qui concerne le réseau ferroviaire, il s’étend sur 3636 km. Le trafic des marchandises en profite largement avec 37,8%. Alors que le réseau routier compte quelque 1759 km d’autoroutes et de routes nationales, en plus des routes cantonales et communales.

Les télécoms et NTIC

La libéralisation des télécoms remonte à 1998 avec la création de La Poste et Swisscom. La couverture des réseaux mobiles a atteint 99,9% de la population et 84% de celle-ci dispose d’un mobile.

Quant à l’internet, il a enregistré un développement impressionnant dès les années 2000. D’ailleurs dès 2003 la Suisse comptait quelque 2,7 millions d’abonnés.

En ce qui concerne les NTIC, elles génèrent une valeur ajoutée de 7% de celle de l’ensemble de l’économie. Elles jouent un rôle important dans le développement économique du pays.

Les énergies

Dans les années 50 et jusqu’aux années 70, la Suisse s’est engagée dans la construction des centrales hydroélectriques et nucléaires pour répondre à ses besoins énergétiques, étant donné que le pays ne dispose pas d’énergies fossiles.

Il s’appuie sur l’énergie hydraulique à hauteur de 55,2% et l’énergie nucléaire à raison de 40%.

Le reste est comblé par l’énergie fossile notamment le pétrole brut, le charbon et le gaz naturel. 31,7% de l’énergie est utilisée par le secteur industriel, 31,2% revient aux ménages, 27,2% aux services et 8,2% aux transports.

La structure de l’économie helvétique

Le produit national brut du pays a atteint en 2011 les 664,5 milliards de dollars avec une croissance de 2% qui dépasse celle de la zone euro. Ce qui a permis à la Suisse d’occuper la 19ème place à l’échelle mondiale.

La croissance économique du pays a pu faire face aux différentes crises mondiales associées à l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières, qui a suivi la crise des subprimes américaine et qui a grandement affecté les banques.

Une stabilité associée principalement aux infrastructures qui sont bonnes, en plus de la qualification et la flexibilité de la main-d’œuvre du pays. Ce qui a permis à l’économie nationale de s’adapter aux problèmes conjoncturels et sectoriels.

  • Le secteur agricole

L’agriculture ne constitue qu’une part minime dans l’économie du pays, vu que les charges sont importantes et nécessitent une intervention étatique pour pouvoir en exporter à l’étranger.

La politique agricole du pays a pour but de garantir l’indépendance du pays dans un contexte géopolitique conflictuel. Depuis les années 90 les aides accordées visent la protection des sols et des paysages sans tenir compte des niveaux de production. La confédération compte 60 034 exploitations agricoles avec 166 722 travaillant dans le secteur agricole.

Ceci dit, l’activité de l’agriculture a été affectée par le recul des terres arables qui ont perdu 482 km dont 64% au profit de l’habitat, alors que le reste revient aux forêts. Le secteur agricole a favorisé le développement de l’industrie agroalimentaire avec des enseignes importantes comme Nestlé.

  • Le secteur industriel

L’industrie constitue l’un des piliers de l’économie suisse qui fournit une grande partie des emplois dans le
pays. Si dans les années 60 le secteur recrute 48,5% de la population active,
cette contribution a grandement reculé pour ne représenter que 22,8% à cause de
la délocalisation des activités notamment vers l’Asie et les pays de l’Europe
de l’Est.

L’industrie suisse est plus orientée vers les marchés étrangers. Outre l’horlogerie, le pays a grandement développé des branches comme l’industrie chimique, la métallurgie et la construction mécanique, électrique et électronique.

Le pays a enregistré la montée en puissance des petites et moyennes entreprises dans la haute technologie alors que la concurrence demeure très faible à l’échelle mondiale.

L’industrie chimique et pharmaceutique représente la locomotive du secteur industriel avec 87 milliards de francs de chiffre d’affaires réalisé en 1999, comme elle embauche 7% des employés du secteur.

La Suisse s’est forgée une renommée internationale dans le domaine de l’horlogerie surtout dans le segment du haut de gamme. Cette industrie représente 45% de la valeur de toutes les exportations horlogère à l’international.

  • Le secteur des services

Ce secteur assure le plus de débouchés d’emploi avec des branches très dynamiques comme l’éducation, la santé, les transports, la finance, les assurances, le tourisme et les services de conseil.

Tourisme

Le tourisme suisse s’est développé grâce aux cures balnéaires, aux paysages campagnards et montagnards ainsi que l’escalade. Un développement qui a pris de l’essor avec le soin accordé par le pays aux transports et à l’hôtellerie. Puis les sports d’hiver vont encourager plus de touristes à visiter le pays.

De nos jours, le tourisme représente le troisième secteur économique en Suisse et le pays a été désigné comme le plus attractif pour le tourisme et l’industrie. Les Suisses contribuent à hauteur de 40% des nuitées, suivis par les Allemands avec 14,4% des nuitées, puis les Français et les Anglais.

Banques

La Suisse est devenue une place financière internationale incontournable notamment après la Première Guerre mondiale. À ce moment-là près de 5 à 7 % des dépôts des banques sont composés de capitaux étrangers. La deuxième guerre mondiale sera un tournant pour la finance helvétique.

En effet, le pays va racheter l’or de l'Allemagne en contrepartie de francs suisses qui vont servir à l'achat par l'Allemagne de matériel stratégique auprès de pays neutres. Les années 60 vont confirmer la position de la Suisse sur la place financière internationale, confortée par la neutralité du pays pendant les deux guerres C'est ce qui va favoriser l'arrivée de fonds étrangers dans les banques Suisses.

En plus, la réputation de la Suisse notamment en matière de secret bancaire ne va qu’augmenter les arrivées de fonds. En 2003 la finance va constituer 14 % du PIB national  et va recruter plus de 180000 personnes dont 110000 dans le domaine bancaire.

L'ensemble des banques opérant sur le sol helvétique sont réglementées par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers FINMA. Parmi les établissements les plus connus il y a le Crédit Suisse, UBS et la Banque Cantonale de Zurich.

Négoce des matières premières

Près d'un quart des transactions mondiales dans le négoce des matières premières se déroule en Suisse. Une activité qui va assurer 10 000 emplois  proposés par 500 sociétés de négoce.

Le développement du commerce des matières premières et dû essentiellement à la liberté du trafic des paiements et la fiscalité avantageuse proposée par les différents cantons suisses.

Parmi les principaux opérateurs dans ce domaine on trouve Vitol, Cargill, Vales, Xstrata, entre autres. Malgré l'importance de cette branche d'activité qui joue un rôle de choix dans l'économie du pays, certaines pratiques notamment la spéculation et l'opacité qui caractérisent les transactions ont engendré une vague de dénonciation de la part des partis de gauche, ainsi que de la jeunesse socialiste suisse.

Commerce et distribution

Dans le domaine du commerce et de la distribution, on trouve des sociétés comme Coop et Migros qui réalisent un chiffre d'affaires atteignant les 18,1 et 15,6% des ventes au détail du pays.

Malgré le développement de ce secteur, les frontaliers Suisse n'hésitent pas à faire leurs achats dans des pays limitrophes qui proposent les mêmes produits avec des prix inférieurs de 20 % à ceux pratiqués en Suisse.

Le secteur alimentaire est dominé par Duopole de Migros et Coop, qui détiennent plus de 70 % du  marché. Ces deux-là n'hésitent pas implanter d'importantes surfaces au détriment de leurs concurrents pour arrêter l’invasion des distributeurs étrangers comme Carrefour.

Cette situation ne concerne pas la distribution spécialisée où le marché est plus internationalisé,  avec la présence d’IKEA, Zara C&A parmi d'autres. Le marché suisse est des plus difficiles à pénétrer en raison du pouvoir d'achat élevé et l'exigence de qualité.

Quant au segment de la vente à distance, il enregistre 2,43 milliards de francs étant donné que les Suisses ont l'habitude d'acheter des biens par correspondance et qu’ils y consacrent en moyenne 330 francs par mois.

Les finances

  • Fiscalité

La fiscalité suisse se caractérise par sa complexité au regard de la combinaison du financement des activités de l’Etat et l’autonomie des cantons en matière d’imposition.

Les taxes et impôts prélevés par les cantons sont transférés à l’Etat fédéral, alors que la confédération à travers les collectivités publiques, prélève l’impôt sur le revenu pour les personnes physiques et l’impôt sur les bénéfices pour les personnes morales sans oublier les taxes et impôts sur la consommation.

Les recettes fiscales du pays enregistrées en 2007 sont réparties à hauteur de 45,8 % pour la Confédération, 32,6 % pour les cantons et 21,6 % pour les communes. Les cantons fixent par eux-mêmes leur propre taux d'imposition, ce qui crée une certaine disparité entre les différentes régions.

  • Finances publiques

Le niveau d’endettement suisse était très important dans les années 60 et 70, la conjoncture économique favorable au cours des années 80 a permis la résorption des déficits et la réalisation d’excédents ce qui a contribué à la baisse de la dette des collectivités à 31,6% en 1990.

Ce taux était de 11,6% pour la confédération, de 9,2% pour les cantons et de 11,3% pour les communes. Cette période fut suivie par 13 ans de mauvaise performance jusqu’à 2003, avec un produit intérieur brut par habitant qui n’a augmenté que de 0,4%, faisant flamber l’endettement de la fédération qui a atteint les 143%, alors que celui des cantons était de 75% et celui des communes de 55,1%.

Il a fallu attendre 2005 pour que la situation s’améliore avec la réalisation d’excédents permettant de résorber le taux d’endettement pour qu’il se stabilise à 34,9% en 2010. Le pays a adopté un strict contrôle budgétaire afin d’assurer un meilleur équilibre des finances publiques.

Les principaux centres de dépenses de la Suisse sont la prévoyance sociale qui reçoit plus de 30 milliards de CHF, puis l’éducation avec 28,4 milliards de CHF et la santé avec 21,1 milliards de CHF.

Monnaie nationale

La confédération détient le monopole concernant la création de la monnaie nationale soit le franc suisse. Le CHF gagnera en puissance pendant la deuxième guerre mondiale qui sera la seule monnaie forte convertible en Europe.

Dès 1906 le pays va créer la Banque Nationale Suisse, qui est administrée avec et sous le contrôle de la confédération. Cet établissement a pour mission la régulation du marché monétaire, en mettant en application une politique monétaire visant à servir les intérêts du pays.

L’établissement a veillé à la stabilité des prix, pour favoriser l’emploi. Le pays se distingue par un niveau de prix parmi les plus chers au monde, notamment dans des villes comme Zurich et Genève qui se placent dans la deuxième et la quatrième position à l’échelle mondiale.

Commerce extérieur

Le PIB suisse est composé principalement du commerce extérieur qui s’élève à 36 106 dollars par habitant en 2008, dépassant l’Allemagne, la France, le Japon et les Etats-Unis. En l’absence des ressources naturelles notamment les énergies fossiles, le commerce extérieur a constitué le point fort de l’économie helvétique.

Les exportations du pays constituent 56.4% en 2008, et ce grâce à l’export des biens et services à forte valeur ajoutée. Quant aux importations elles subissent des droits de douane calculés en fonction du poids, ce qui représente une exception dans l’Occident.

Les exportations suisses sont composées essentiellement de machines-outils, des produits de la chimie et de l’industrie pharmaceutique, de l’horlogerie et bijouterie, ainsi que les services.

La majorité des biens et services exportés soit 80% sont destinés aux pays de l’OCDE. Depuis 2002 la balance commerciale du pays est excédentaire. La Suisse a signé de nombreux accords bilatéraux avec les pays de la zone Euro, les Etats-Unis et le Japon pour diversifier ses partenaires et éviter la dépendance.

Le pays a adopté depuis de longues années une politique de libéralisation des échanges et il a adhéré à l’organisation mondiale du commerce.

Marché de l’emploi

Le marché du travail en Suisse se caractérise par la concentration de la population active dans le secteur tertiaire à hauteur de 73,5%, alors que le secondaire contribue avec 22,8% des emplois et le primaire avec 3,7%.

La représentation des hommes est plus importante que celle des femmes avec 75,4% contre 61,8%. Quant à la durée du travail hebdomadaire, elle est de 41,6 heures. La main-d’œuvre étrangère est fortement présente, chose due à la croissance soutenue après la deuxième guerre mondiale. En 1976 le taux de chômage était de 0,7%, mais il va flamber notamment en 1997 pour se situer au seuil de 5,7%.

Malgré cette hausse, le chômage demeure relativement bas en Suisse en comparaison avec les pays du voisinage et ce, est dû aux relations décentralisées entre les employeurs et les employés.

Ceci s'explique par la valorisation de la formation professionnelle et la formation alternée école-entreprise, la flexibilité de la main-d’œuvre active, l’équilibre de la structure économique du pays et la politique macroéconomique qui contrôle la masse monétaire et assure l’équilibre budgétaire.

Le taux de chômage enregistré en 2011 est de 3,1% et il concerne plus les étrangers avec 6,1%, puis les suisses de la région romande et les tessinois avec 4,6%, alors que les alémaniques ne sont concernés qu’à hauteur de 2,5%.

Les villes les plus marquées sont Zurich et Genève et ce phénomène frappe surtout les personnes peu qualifiées et les jeunes âgés entre 15 et 24 ans.

En ce qui concerne la rémunération brute médiane enregistrée en 2010, elle s’élève à 5979 CHF. Un salaire plus élevé que celui pratiqué dans la majorité des pays du globe.

En moyenne, un travailleur gagne 30 CHF par heure. D’un autre côté une disparité dans les salaires entre hommes et femmes est constatée, qui s’élève à 15% et ce malgré que la constitution suisse impose l’égalité des sexes.

NOS FORMATIONS

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.