Quelle est la structure économique de la Suisse?

Comment est composée la structure économique de la Suisse ? Qu'est-ce que les secteurs primaires, secondaires et tertiaires ?

L’économie suisse

Dans cet article, nous présentons quelques aspects importants de la structure économique de la Suisse. Géographiquement parlant, la Suisse est un petit pays quasiment sans ressources naturelles. Malgré ce désavantage, la Suisse est considérée par plusieurs experts comme une réussite économique. La Suisse est considérée comme un pays riche. Le revenu par habitant en comparaison internationale est parmi les plus élevés. Il suffit de regarder le graphique ci-dessous regroupant quelques pays parmi les plus riches du monde. Nous pouvons constater que le revenu par tête suisse est le deuxième en termes d’importance dans cet échantillon de pays. Seul le Luxembourg arrive à dépasser la Suisse. Le revenu par tête suisse dépasse ceux des pays comme la France, le Japon, l’Allemagne et les États-Unis.

La structure économique suisse

Traditionnellement, l’activité économique suisse est organisée autour de trois secteurs : le secteur primaire (agriculture), le secteur secondaire (l’industrie) et le secteur tertiaire (les services). Comme il a été mentionné dans un précédent article, si on veut mesurer le poids d’un secteur ou sa contribution dans une économie, nous utilisons soit sa part de l’emploi (personnes occupées par ce secteur) dans l’emploi total, soit sa valeur ajoutée au produit national. L’évolution de l’activité économique suisse montre un changement de structure dans la période d’après-guerre. Le secteur agricole a perdu de son importance. En 1960, il occupait près de 393'000 personnes, mais en 2016, il n’occupait qu’à peu près 150'000 personnes. Ainsi, le secteur primaire aussi a perdu de son importance en faveur du secteur tertiaire. En 1960, le secteur secondaire occupait 1'260'000 personnes, alors que de nos jours ce chiffre s’élève à 1'080’000. Le secteur gagnant est le secteur tertiaire. Il employait en 2017 près de 78% de la population active totale et génère près de 73% de la valeur ajoutée totale (le PIB). La composante la plus importante est le système bancaire. Certes d’autres composantes jouent un rôle important comme les assurances, les services aux entreprises, etc.

Selon les calculs de la Banque mondiale, en 2017, la Suisse se situait au deuxième rang mondial en termes de PIB par tête. Son PIB par tête a atteint en 2017 l’équivalent de 80'189 USD, ce qui est 1.5 fois celui de la Zone euro (19 pays). Le PIB réel par habitant montre la performance économique du pays rapportée à sa population. Il permet de suivre l'évolution de la performance économique moyenne par habitant. Environ 74% du produit intérieur brut proviennent du secteur tertiaire. Le secteur secondaire (industries et construction) participe à hauteur de 24% dans la production totale. Une petite part (2.3%) revient au secteur primaire. Les secteurs clés de l’économie suisse sont les secteurs manufacturiers, le secteur bancaire et des services en général. Il est à remarquer que l’économie suisse est une économie fortement orientée vers l’exportation. La part des exportations suisses dans le PIB est très élevée en comparaison mondiale. L’emploi et les salaires, la sécurité des personnes et le bien-être subjectif en particulier sont élevés au niveau mondial. La confiance dans les administrations publiques s’est améliorée depuis 2007 et place la Suisse au premier rang du classement des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Nous apportons quelques éclairages sur la structure économique à travers la présentation des secteurs économiques en Suisse.

Secteur primaire

Il regroupe les activités d’agriculture, de sylviculture, de pêche. Pour mesurer l’importance de ce secteur, soit on peut utiliser la part apportée par ce secteur dans la valeur ajoutée totale (PIB) ou bien sa part dans l’emploi total. Il a été observé que ce secteur ne cesse de diminuer dans les deux indicateurs (emploi et valeur ajoutée). En effet, depuis 1990, la valeur ajoutée brute du secteur primaire suisse à prix courants a fortement diminué, surtout au cours des années 1990-1999. Cette évolution est principalement influencée par la baisse de la valeur de production de la branche de l’agriculture. Le recul de la valeur ajoutée brute agricole a de plus été accentué par la baisse moindre des prix des consommations intermédiaires par rapport à ceux de la production agricole (OFS, 2018). Son apport à la valeur ajoutée globale est estimé en 2017 à environ 0.7%. Et selon l’OFS toujours, en 2017, on comptait à l’échelle 146'000 actifs occupés dans le secteur primaire (agriculture et sylviculture), ce qui correspond à peu près à 3.17% du total de la population active.

Secteur secondaire

Il comprend l'industrie et la construction. Les branches les plus importantes sont l’industrie pharmaceutique et la chimie, les manufactures de machines, la construction, la production d’énergie, l’industrie des produits alimentaires, l’horlogerie, la production des instruments médicaux et d’optique.

Le graphique ci-dessous apporte un éclairage sur l’apport de différents secteurs d’activité (branches économiques) dans la production totale de la Suisse entre 2015 et 2017. Un clin d’œil rapide montre que le secteur tertiaire sort gagnant dans cette évolution alors les secteurs primaire et secondaire perdent un peu en termes de contribution à la production totale du pays.

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Prof. Dr. Moez Ouni

Prof. Dr. Moez Ouni

Diplômé en informatique de gestion de l’Université de Tunis en 1987, Moez Ouni poursuit ses études avec une Licence ès sciences économiques, option économie politique à l’Université de Neuchâtel en Suisse en 1998. Il complète son cursus avec un Master en économie et finance de l’Université de Genève en 2000. Moez Ouni a été chargé de cours d’économie politique à la Formation universitaire à distance (FUAD). Aujourd’hui, il enseigne l’économie et la gestion d’entreprise dans les hautes écoles spécialisées, tout en étant consultant et collaborateur scientifique à Eco’Diagnostic et l’Université de Neuchâtel. Il a développé ses compétences et s’est spécialisé dans les domaines de l’application de méthodes quantitatives en socio-économie, l’interaction entre l’économie et la sphère financière, et les études d’impact socio-économique. Il maîtrise l’anglais et l’arabe. Doctorat ès sciences économiques de l’Université de Neuchâtel en 2011