La sieste au travail à travers le monde

Faire une sieste présente de nombreux bienfaits, surtout que c’est une solution naturelle pour prévenir la somnolence qui se manifeste six heures après le réveil. Dans le milieu professionnel, elle n’est pas perçue de la même façon par tous. Faisons le tour au sujet de la sieste au travail !


La sieste dans l’histoire

Depuis l’époque des hommes des cavernes, la sieste s’est imposée dans la vie quotidienne des gens. Elle répond au besoin naturel de repos, imposé par l’horloge biologique de chacun et qui exige un sommeil en deux phases. La première phase est celle du sommeil de la nuit, qui dure plusieurs heures. La deuxième est plus courte : il s’agit de la sieste, dont le besoin se manifeste six heures après le réveil.

Au cours des XVIIIème et du XIXème siècle, les gens ont commencé à se passer de la sieste avec la révolution industrielle et la forte urbanisation, qui ont changé la donne. En effet, de plus en plus de personnes abandonnaient le travail des champs pour rejoindre les manufactures où le travail à la chaîne exigeait la présence constante des ouvriers. Dès lors, il n’était plus possible de faire un petit somme au travail.

Mais aujourd’hui la sieste fait son come-back sur les lieux de travail, pour un maximum de bien-être et de performance. D’ailleurs la NASA souligne qu’un quart d’heure de sieste améliore la vigilance, l’humeur et la mémoire et impacte positivement les performances cognitives de l’être humain. De son côté, Harvard a publié les résultats de ses études prouvant que la sieste réduit de 37% les risques de maladies cardiovasculaires.


La sieste dans la culture asiatique

Les Chinois sont les champions de la sieste dans le monde, surtout que c’est un droit garanti depuis 1948, par la constitution notamment dans l’article 43 qui stipule que les travailleurs de la République populaire de Chine ont droit au repos. Dans leur culture, il est normal de faire la sieste, car conformément aux principes du Yin et du Yang, cette pratique contribue au rétablissement de l’équilibre et de l’harmonie.

Dans un pays où les conditions de travail sont dures, les travailleurs ne craignent pas d’être surpris à piquer du nez, car même leur manager fait sa sieste. Chez les Chinois, la sieste fait partie intégrante de la culture du travail. Une personne qui travaille dur doit s’accorder un peu de repos pour continuer à travailler dur.

Un point de vue difficile à assumer par les occidentaux qui estiment que l’entreprise les paie pour travailler et non pour dormir. Or une telle idée devient obsolète étant donné qu’aucun chef d’entreprise ne refusera une petite sieste à ses travailleurs qui ne seront que plus productifs par la suite.

Un autre pays asiatique préconise la sieste au travail, même si elle ne figure pas dans la constitution : le Japon.  La sieste fait partie intégrante de l’idéologie de toutes les entreprises nippones et elle est désignée par l’inemuri. Un terme qui signifie « dormir tout en étant présent » et qui permet aux travailleurs de dormir même en réunion.

C’est même bien perçu dans le milieu professionnel, ce qui pousse certains employés à feindre l’endormissement pour être bien perçus par leurs supérieurs hiérarchiques. En effet, c’est un signe que l’employé a tellement travaillé qu'il ressent de la fatigue. En définitive, personne ne peut troubler un salarié qui fait un somme, mais en contrepartie on accorde peu de vacances au Japon.

La pratique de la sieste est acceptée et même encouragée dans les pays asiatiques pour des raisons médicinales. En effet, si dans les pays occidentaux, la médecine traditionnelle est considérée comme palliative, dans les pays asiatiques elle joue un rôle préventif. C’est la raison pour laquelle les peuples de ces pays adoptent un style de vie plus en adéquation avec leurs besoins naturels.


Pas de sieste chez les anglo-saxons

Pour certains pays comme l’Angleterre, il serait difficile d’introduire le concept de la sieste sur les lieux de travail. D’après le professeur Vincent Welsh de l'Institut des neurosciences cognitives de l'Université de Londres, les travailleurs anglais persistent à ne s’accorder qu’une seule phase de sommeil la nuit, mais ils restent rarement au-delà de 18h au bureau.

De l’autre côté de l’Atlantique, aux Etats-Unis, une petite sieste est tolérée mais elle n’est pas encouragée dans le milieu professionnel. Si elle peut être source de performance, elle est tolérée, comme dans le cas d’un designer qui s’accorde un temps de repos pour booster sa créativité et sans déranger son entourage. Mais s’il s’agit d’un commercial qui fait la sieste alors qu’il n’a pas atteint ses objectifs, il risque gros.

Au niveau de la Silicon Valley, les entreprises sont toujours en quête de talents et pour attirer les génies, elles n’hésitent pas à adopter des cultures différentes. D’ailleurs les start-ups qui s’installent dans la zone n’hésitent pas à multiplier les initiatives pour le bien-être de leurs équipes et elles prévoient même des espaces de sieste. Ceci peut se révéler un argument majeur pour recruter un ingénieur chinois ou japonais, alors que pour les locaux, ce n’est guère important. 


Les Européens résistent

Les sociétés du continent européen demeurent réticentes voire hostiles à la sieste dans le milieu professionnel. Ce n’est pas seulement l’Angleterre mais aussi l’Allemagne qui rejette ce concept. D’ailleurs Angela Merkel désigne les pays du sud de l’Europe comme étant des paresseux, mais de nombreux syndicats allemands exigent le droit à la sieste sur le lieu du travail. En fait, il s’agit plus d’un retour vers une habitude qui a disparu avec le temps, car avant la révolution industrielle, les allemands faisaient la sieste comme d’autres pays dans le sud de l’Europe. Seulement avec l’apparition des économies manufacturières nécessitant une main-d’œuvre présente régulièrement, la coutume a disparu. Ces derniers temps, l’idée d’un rétablissement de la sieste commence à percer notamment avec des structures géantes comme BASF, Opel et Lufthansa qui mettent à la disposition de leurs employés des espaces de repos. Ceci dit, la pratique est loin d’être démocratisée.

Sur le continent européen, on ne peut parler de la sieste sans parler de l’Espagne. Dans ce pays de la péninsule ibérique, la sieste est sacrée. D’ailleurs bon nombre d’entreprises espagnoles accordent trois heures pour la pause-déjeuner. De ce fait, il n'est pas obligatoire de faire la sieste sur le lieu de travail. Cette pause longue ne plaît pas à certains politiciens qui jugent qu’elle représente un désavantage concurrentiel notamment pour collaborer avec d’autres pays européens.

Un tel argument n’a pas beaucoup affecté l’habitude des Espagnols qui profitent de leur pause-déjeuner pour faire la sieste. Une pratique qui émane de leur héritage rural, quand les travailleurs agricoles arrêtaient le travail dans les champs au milieu de la journée, au moment où les températures devenaient insoutenables. Un modèle qu’on trouve également au Portugal, en Italie et en Grèce.

Pour la France, les start-up et les structures opérant dans le domaine des technologies acceptent volontairement la sieste, ce qui s’explique par le fait que le turn-over est très important dans ces entreprises et que la qualité de vie dans le milieu professionnel joue un rôle important pour garder les talents.

Dans les autres secteurs comme la finance, la grande distribution ou l’industrie, la sieste aura du mal à s’imposer ou à être tolérée. Jusque-là les actifs français sont les champions du monde du stress au travail. Mais il y a de plus en plus une prise de conscience générale du bien-être en entreprise. Une tendance qui se confirme, surtout qu’il y a une grande concurrence pour recruter les talents et les garder

La qualité du sommeil est primordiale pour booster la productivité et le rendement des travailleurs. Elle a un impact direct sur les capacités cognitives des employés. C’est pourquoi la sieste en entreprise est considérée de nos jours comme une nécessité et non pas un luxe.


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Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.