Métiers de demain: comment anticiper la vague technologique?

Avec l’avancement technique et technologique, de nouveaux métiers apparaissent, comme c'est le cas du métier de Social Media Manager ou de Chief Digital Officer. En effet le recours au digital et au numérique a enregistré un essor important ces dernières années et il va continuer dans cette lancée avec la multiplication des applications mobiles, des médias sociaux, des e-commerces, etc.

Une nouvelle révolution industrielle et numérique se prépare qui va booster considérablement la productivité des entreprises de par le monde, et de ce fait des métiers liés à l’intelligence artificielle et au big data vont apparaître. L’un des exemples qui confirme cette tendance est celui d’Airbnb dont la productivité est estimée à 25% de plus que le groupe Hilton, au moment où elle ne mobilise que 1% des ressources humaines par rapport au géant hôtelier.

Jadis toute hausse de productivité se traduisait par des décalages temporaires, mais dorénavant les choses ont changé et il devient aisé de les combler grâce aux nouvelles compétences développées. Un tel avancement qui se caractérise par sa rapidité va influencer le marché de l’emploi. D’une part une bonne partie de la main-d’œuvre actuelle aura du mal à suivre cette évolution et d’autre part même la nature des activités va être chamboulée.

C’est un nouveau paradigme qui est apparu ces derniers temps avec une association inédite entre le capital humain et l’intelligence artificielle. Un changement qui s’accompagne également du changement dans la perception de la technologie qui accélère et améliore un bon nombre de tâches mais qui est devenu un élément influent dans le processus de prise de décision.

Il va sans dire que de nombreux métiers seront sujets à des changements et des transformations drastiques. Certaines professions vont naître alors que d’autres vont simplement disparaître. Et de ce fait il faut garder un œil vigilant sur l’évolution des différents corps de métier. Surtout dans un contexte incertain dominé par le chômage, la mobilité de la main-d’œuvre et une forte transformation des différentes professions.

L’automatisation de nombreux métiers va affecter considérablement le marché du travail. En effet un tiers a été affecté en 2014 alors que dernièrement le pourcentage est passé à 40%. Il convient de signaler que 74% des personnes qui ont été sondées dans le cadre d’une étude récente ont exprimé leur volonté d’apprendre de nouvelles compétences et d’acquérir de nouvelles qualifications pour s’adapter aux exigences du marché et conserver leur employabilité. Mais le plus marquant c’est que les deux tiers sont inquiets quant à la stabilité des postes sur le long terme. Cette précarité risque d’affecter plus le moral des salariés.

Avec l’apparition de nouvelles formes de structures comme le coworking et le télétravail, la technologie se trouve au cœur même de la vie active, ce qui requiert un haut degré d’adaptabilité. En effet le travailleur doit acquérir de nouvelles compétences, être polyvalent et exécuter son travail rapidement et efficacement. Ceci dit, une partie de la population mondiale est toujours en mode offline créant ainsi de grands écarts entre les pays développés et ceux en cours de développement.

Une telle transformation a mobilisé les instances publiques, comme c'est le cas du ministère fédéral allemand du travail et des affaires sociales, qui a ouvert un dialogue au sujet du travail 4.0 en vue de préparer les entreprises et les différentes industries à cette évolution. En vue d’initier également le cadre juridique et social vers une telle mutation avec tout ce qu’implique une telle démarche en matière d’acquisition de savoirs digitaux et d’investissement dans la formation en l’éducation, notamment dans les domaines de la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques.

Il devient impératif d’anticiper les évolutions technologiques et booster l’aspect créatif et l’intelligence émotionnelle. D’où la nécessité de travailler sur des dispositions multidisciplinaires.

Il est temps de combiner efficacement l’usage de l’intelligence des hommes et des machines en vue d’en tirer profit au maximum en traitant justement des problématiques beaucoup plus complexes.

L’un des exemples les plus éminents est la blockchain qui traite les opérations comptables en temps réel, ce qui va laisser à l’élément humain la possibilité de se focaliser sur la partie audit et control en vue de mieux cibler les fraudes. C’est un exemple des plus imminents en matière de collaboration machine - homme où la machine s’occupe du traitement des données et où l’homme met en avant ses aptitudes d’analyse. Le résultat se manifeste à travers un gain d’efficacité, de précision et de rapidité mais aussi plus d’assimilation et de compréhension.

En vue de tirer le meilleur de cette alliance, il serait temps d’anticiper sur les formations afin de prévenir toute pénurie en compétences et en qualifications, notamment dans le domaine digital. Ceci dit, l’anticipation d’un tel besoin reste très difficile à mettre en place vue qu’elle tient compte non seulement de l’aspect économique mais aussi culturel et humain pour pouvoir suivre l’évolution technologique.

D’un autre côté le vieillissement de la population et les défis environnementaux restent des obstacles majeurs qu’il faut pouvoir gérer de façon réfléchie et avisée. Ces facteurs s’inscrivent dans le long terme et il est primordial d’évaluer les effets de l’automatisation en tenant compte de ces éléments. Certains pays comme la Suède et la Corée du Sud ont créé un poste de ministre du futur en vue d’inclure les stratégies de long terme dans les décisions politiques.

En définitif, l’avancement technologique a été toujours accompagné par la création de nouveaux emplois et la transformation d’autres mais aussi la disparition de certains métiers. Le facteur humain doit savoir accepter cette évolution en gérant mieux son rapport avec le temps en adoptant une politique d’apprentissage permanent. Il faut garder à l’esprit que la digitalisation est d’abord faite pour servir l’homme.

Source : blog d'Ecol2.com 

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.