FINTECH : croissance et profitabilité vont de pair

Avec la dominance du digital qui s’impose aux différents domaines économiques et la méfiance ressentie à l’égard des établissements bancaires traditionnels, surtout avec la crise de 2008, les entreprises Fintech sont en passe de bien se positionner sur le marché de la finance mondiale.

Ces start-ups financières se distinguent par leur innovation, et dans un laps de temps qui ne dépasse pas une dizaine d’années, elles ont pu chambouler l’univers bancaire en misant sur la digitalisation des services, l’attractivité des tarifs, la facilité d’accès et la simplicité d’utilisation pour la clientèle.

Pour se rattraper, les banques veillent à collaborer avec des start-ups et à saisir cette opportunité pour suivre le processus de digitalisation. Les deux parties auront intérêt à s’associer, car d’une part les établissements bancaires profitent de l’innovation et l’avancement technologique, et d’autre part les start-ups peuvent accéder à une clientèle plus importante.

Dans le cas des Fintech qui cherchent à conserver leur indépendance, elles doivent faire face à deux défis, à savoir disposer des fonds nécessaires pour financer leurs projets et pouvoir attirer des clients suffisants pour assurer leur rentabilité. Ces deux soucis sont en passe d’être réglés avec la maturité qui marque de plus en plus ce secteur.

Ce dernier a su attirer en 2018 plus d’investissements avec un total de 40 milliards de dollars de levées de fonds ou d’OPA. Une somme qui représente le double de ce qui a été investi en 2017. Et la tendance promet une croissance des financements en 2019, notamment avec les opérations déjà entreprises en début d’année. Il s’agit en effet de la Fintech allemande N26 qui a confirmé son statut de banque tout en obtenant un financement de 300 millions de dollars pour assurer son expansion à l’international. Une autre Fintech allemande dite Raisin a pu collecter 100 millions d’euros pour développer ses marchés en Europe dans le domaine des comptes à terme.

De son côté la Fintech anglaise OakNorth, qui focalise son activité sur l’octroi de prêts au PMA, adopte le modèle qui repose sur le big data et l’intelligence artificielle. Et pour assurer sa croissance, elle a procédé à une levée de fonds inégalée, en obtenant pas moins de 440 millions de dollars auprès de bailleurs comme Softbank Vision Fund et Clermont Capital.

La multiplication des opérations de fusions-acquisitions fait ravage, notamment parmi les leaders qui souhaitent préserver leur position sur le marché et la consolider tout en variant leurs offres et en se repositionnant à l’international. Les GAFA n’ont pas manqué d’acquérir des parts de marché à travers leurs portails de paiement et de crédit pour se convertir en réelles banques digitales.

Les Fintech chinoises sont pionnières dans le digital et des structures comme Tencent et Ant Financial tentent de pénétrer des marchés stratégiques, notamment au Japon en développant un partenariat avec Line et en Grande Bretagne en procédant à l’achat de Worldfirst pour la modique somme de 700 millions de dollars. Pour les start-ups spécialisées, certaines ont démontré leur profitabilité en dépassant le seuil du break-even. C’est justement le cas de Revolut et d’Orknorth qui a franchi ce stade au bout de trois ans seulement pour devenir des licornes avec une valorisation excédant un milliard de dollars. Le but pour de telles structures est de devenir aussi profitables que des leaders mondiaux comme Square et Paypal avec des marges à deux chiffres qui leur assurent une grande expansion et ce malgré les montants investis dans leurs différents projets.

Les volumes d’encours et des transactions sur les plateformes des banques digitales et les paiements mobiles enregistrent une croissance des plus élevées. C’est ce qui a permis le développement de la gamme des produits et services offerts, que ce soit les prêts pour les particuliers, les financements des entreprises, les produits d’investissements ou les solutions de gestion d’actifs, entre autres. Un contexte qui promet une grande expansion des Fintech.

Les perspectives et les opportunités du marché sont impressionnantes, ce qui ne peut qu’être favorable à la croissance des opérations de capital développement et de M&A dont les montants peuvent atteindre des seuils astronomiques. Ce n’est que le début et d’autres possibilités s’ouvrent aux investisseurs notamment avec l’intelligence artificielle et la blockchain, susceptibles d’influencer grandement les infrastructures informatiques des Fintech pour attirer et fidéliser leurs clients et monétiser leurs prestations.

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.