Quels sont les facteurs de succès pour réussir sa formation?

Les 3 Grands Piliers de l’Apprentissage

Certains élèves, apprenants-es ou étudiants-es perdent l’intérêt pour une matière et jettent l’éponge après le cumul des lacunes et des erreurs. Et le sentiment d’incapacité qui les dépasse les étouffe à tel point que certains apprenants-es ont du mal à apprendre des sujets pourtant très importants comme l’arithmétique ou les bases de la comptabilité et de la gestion financière.

En effet, la comptabilité est une discipline phare des cursus de formation dans les écoles de commerces, pour le CFC d’employés-es de commerce et la maturité professionnelle commerciale. Cependant, la comptabilité pose passablement des soucis à une large partie de ce public de jeunes adultes.

Avec le temps certaines-es apprenants-es se sentent désemparés et se désintéressent complètement de la matière.

Parfois les enseignants-es se sentent eux aussi impuissants, mais les plus coriaces créent de nouveaux outils et des programmes susceptibles d’éveiller l’intérêt de leurs disciples pour obtenir de meilleurs résultats.

En adoptant les bonnes méthodes d’apprentissage et d’enseignement, les personnes en formation peuvent retrouver leur motivation. S’ils terminaient à peine leurs exercices ou leurs devoirs auparavant, avec les techniques adaptées, leurs résultats s’améliorent au fil du temps. Les petits succès s’accumulent et ils retrouvent leur enthousiasme pour la matière source de difficulté.

Transformer le cours en un simple jeu ou en y intégrant des éléments ludiques ou interactifs grâce aux technologies de l’éducation est susceptible de réveiller les capacités des élèves qui regagnent confiance en leurs aptitudes avec les premiers résultats obtenus. De telles méthodes ont prouvé leur efficacité auprès de nombreux apprenants.

Les spécialistes des sciences cognitives à l’instar de Stanislas Dehaene ont démontré qu’il faut trois éléments-clés pour qu’un apprentissage devienne pertinent et efficient. Il s’agit notamment de l’enthousiasme, l’engagement actif et la correction des erreurs.

Voyons à présent ces trois points qui sont des facteurs de succès dans les apprentissages :

1-L’enthousiasme

Pour apprendre l’Histoire par exemple, il est possible d’égayer le cours par une histoire (justement) en rapport avec la leçon, en animant les personnages historiques, en créant un récit sur une bataille ou en relatant des contes sur les civilisations, etc. Une telle méthode éveille l’enthousiasme de l’élève et stimule son intérêt tout au long de la séance.

Un tel procédé peut être adopté également pour le cours de la chimie en présentant les différents concepts et les réactions chimiques sous forme de vidéos ou de dessins animés. Ceci sera source d’enthousiasme et de motivation pour les étudiants. Il faut dire que l’enthousiasme et l’intérêt pour une leçon permettent aux élèves de retenir un maximum d’informations et sans effort.

Il en va de même pour la comptabilité et la gestion financière, où la contextualisation avec le monde de l’entreprise est importante pour motiver et engager les apprenants-es dans des activités d’apprentissage. Les spécialistes en neurologie n’ont pas pu expliquer la liaison directe entre l’enthousiasme et l’activité cérébrale, mais des études comme celle de Kang et celle de Guber ont montré que l’intérêt de la personne pour un sujet génère l’activation de certaines zones du cerveau, notamment celles relatives à la mémorisation à long terme.

L’une des anecdotes intéressantes qui mérite que l’on s’y arrête quelques lignes concerne une petite fille à l’école primaire qui était en visite au Salon des Jeux Mathématiques avec sa classe. La fillette s’est intéressée au Navadra, alors que ce jeu est dédié aux élèves du collège. Cependant elle a insisté pour le tester. Le plus marquant est que la fillette a pu répondre à des questions sur les abscisses et les ordonnées, alors qu’elle n’a jamais eu ce cours en classe.

Pour cette jeune fille l’expérience était édifiante car elle a eu la possibilité d’assimiler des notions réservées à des classes supérieures au bout de quelques minutes seulement, et ce grâce à son enthousiasme et sa volonté pour démolir un monstre de jeu vidéo.

2-L’engagement actif

L’apprentissage moderne puise sa force dans l’engagement actif de l’étudiant, qui n’est plus un acteur passif qui absorbe les informations reçues. Au contraire, il contribue activement dans le processus d’apprentissage tout au long de sa formation. Les études montrent que l’on apprend plus rapidement et plus efficacement lorsqu’on est impliqué que lorsqu’on est un simple spectateur.

Les études en sciences cognitives ont démontré l’efficacité de l’engagement actif dans l’éducation et l’apprentissage que ce soit à travers les activités, les expériences ou les discussions, et ce indépendamment de la matière ou du sujet enseigné.

Une expérience de Held et Hein menée en 1963, qui procède à une comparaison entre l’apprentissage actif et passif, s’est avérée très révélatrice et ce malgré les critiques qui lui étaient adressées.

Au cours de cette étude, des chatons ont été placés dans un carrousel dans le noir. Parmi eux, certains tenaient les commandes alors que les autres étaient passifs et ne faisaient que suivre le tour du carrousel.

Après plusieurs répétitions du procédé, les chatons ont été confrontés au monde réel, ceux qui étaient aux commandes ont pu s’adapter, alors que les autres avaient des problèmes de perception visuelle dus à des troubles psychomoteurs.

Pour deux enfants qui jouaient à des jeux comme Zelda ou Ocarina of Times, ils se partageaient la tâche : le premier commence le jeu et le deuxième doit l’achever. Après maintes expériences, il s’est avéré que lorsque les joueurs se perdaient à un niveau et qu’ils devaient décider sur la direction à prendre, le deuxième joueur prenait souvent la mauvaise décision, alors que le premier avait presque toujours raison.

En inversant les rôles, le premier joueur avait toujours une meilleure perception du jeu que le deuxième. De cette expérience on peut déduire qu’être aux commandes améliore grandement les performances et ce quel que soit le domaine. Et c’est une autre illustration de l’apprentissage actif qui présente de meilleurs résultats.

L’implication des apprenants-es dans leur formation et les activités d’apprentissage sont donc une clé du succès.

3-La correction des erreurs

On apprend plus de nos erreurs que de nos succès. C’est un constat qui s’est avéré vrai notamment dans le domaine de l’éducation et de l’apprentissage. L’une des théories neuroscientifiques appelée « le cerveau Bayésien », atteste qu’on apprend plus lorsque la réalité n’est pas conforme aux prédictions.

C’est un argument confirmé également par Stanislas Dehaene qui explique que plusieurs des techniques employées dans le processus d’apprentissage se basent sur le fait que le cerveau établit souvent des prédictions sur le monde extérieur. Et que la confrontation avec la réalité engendre un signal d’erreur perçu par le cerveau qui procède aux ajustements nécessaires en vue de minimiser la marge d’erreur pour générer une nouvelle prédiction plus conforme à la réalité.

L’apprentissage prend fin lorsque l’erreur devient nulle. Une autre étude de Roediger et Butler, affirme que l’apprentissage durant un test s’avère plus pertinent lorsqu’on obtient un retour (appelé feedback) immédiat qui permet de comparer les prédictions à l’état réel.

Les feedbacks immédiats sont possibles avec des outils d’apprentissage interactifs, comme des plateformes d’apprentissage de type e-learning. Des écoles à la pointe de l’innovation pédagogique ont choisi d’exploiter au mieux les technologies de l’éducation, comme par exemple notre institut de formation BetterStudy qui offre un moyen d’apprendre la comptabilité en ligne.

Ceci dit, il faut faire une distinction claire et nette entre l’erreur et la sanction qui génère l’angoisse et le stress, comme elle entrave significativement le processus d’apprentissage. De ce fait, il faut éviter les sanctions lorsqu’on fait des erreurs au cours de l’apprentissage.

Conclusion

Il découle de toute cette démonstration le fait que pour gagner en pertinence et en efficacité dans l’apprentissage, il faut réunir les trois facteurs-clés à savoir l’enthousiasme, l’engagement actif et la correction des erreurs.

Il convient aussi de s’arrêter sur le pouvoir pédagogique des jeux vidéo et des plateformes d’apprentissage en ligne. En effet, ces derniers sont parfois perçus de façon négative. Ils sont décrits par certains-es comme source de violence, de danger, de perte de temps, etc. Mais il faut retenir qu’il existe certes des jeux violents alors que d’autres sont très instructifs et invitent à la réflexion.

Ils sont d’autant plus intéressants dans l’apprentissage étant donné qu’ils réunissent les facteurs-clés nécessaires à ce processus à savoir l’éveil à la curiosité et l’enthousiasme, l’implication active du joueur dans le jeu et le signalement des erreurs commises sur le champ sans générer de sanctions.

Les bonnes plateformes e-learning sont donc un bon compris. L’e-learning est une solution intermédiaire entre le jeu vidéo qui une vocation clairement ludique et l’école traditionnelle avec des outils qui n’offrent aucune stimulation sensorielle. De nombreuses études ont été menées par des universités britanniques et européennes qui renvoient vers l’utilité des jeux vidéo dans l’apprentissage et de la pertinence de l’interactivité dans les séquences d’apprentissage.

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.