Pourquoi étudier l'économie ?

Pourquoi est-il intéressant d'étudier l'économie? Connaître les fondamentaux de l'économie offre la possibilité de mieux comprendre le monde dans lequel on vit. En effet, beaucoup de règles sont inscrits dans une logique économique.

Pourquoi étudier l'économie?

Dans un monde globalisé caractérisé par des changements extraordinaires, il est tout naturel que plusieurs questions se posent à nous. Le progrès technologique fulgurant des dernières décennies dans différents domaines contribue au développement des pays mais il façonne notre vie. Le monde devient de plus en plus complexe et les relations commerciales s’intensifient. Le progrès technologique nous offre des opportunités mais nous pose des défis. L’utilisation frénétique des ressources nous met de plus en plus en face du problème économique le plus épineux : la rareté. Celle-ci nous impose le défi des choix à faire en matière de production et de consommation. Certes, l’économie mondiale est en croissance, mais cela se fait accompagner par des problèmes graves comme le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources naturelles, la disparition d’espèces, etc. Notre vie et son mode dépendent largement des défis et des opportunités offerts à nous. Pour relever ces défis et profiter de ces opportunités, nous devons comprendre les tenants et aboutissants des forces et puissances en présence. 

La mondialisation signifie, en sciences économiques, l’internationalisation des échanges commerciaux, des flux financiers matérialisés par les prêts, les emprunts et les investissements internationaux. 

Pour y parvenir, les sciences économiques sont une réponse parmi d’autres. L’étude des sciences économiques est intéressante à plusieurs égards. Elle nous aide à répondre aux questionnements soulevés par le monde dans lequel nous vivons, à confronter les défis pour trouver des solutions et à profiter des opportunités offertes à nous tout en étant rationnels. Pour vous donner un avant-goût de l’étude des sciences économiques, nous vous présentons les deux exemples suivants. Ils permettent de nous donner quelques flashs sur les notions d’économie les plus sophistiquées. 

Exemple 1 : 

Imaginez que vous êtes sur une place de marché hebdomadaire. Celui-ci se tient chaque semaine le samedi. Les commerçants de la place s’activent depuis le matin pour installer les stands et les étalages afin d’exposer leurs produits : fruits, légumes, fromages, poissons, viandes, fleurs, vêtements, chaussures, livres, meubles, etc. 

D’heure en heure la place s’anime et le marché se remplit. Certains acheteurs (consommateurs) choisissent les produits à acheter ; d’autres poussent des chariots remplis de divers articles ; certains négocient les prix de certains biens avec les vendeurs. Et les affaires marchent. Vers la fin de la matinée, les étalages se vident peu à peu, mais il reste encore des choses à acheter ; la place se vide sauf de certaines personnes. Ce que nous pouvons observer c’est que les prix tendent à baisser vers la fin du marché : les vendeurs (offreurs) veulent liquider le plus possible de marchandises afin de limiter les coûts et renouveler leurs stocks. 

Cette situation est une maquette miniature de ce qu'est l’économie à une échelle plus importante. Les fondements des sciences économiques sont mis en vigueur sur cette place de marché. Ils sont appliqués même inconsciemment par les différents acteurs (acheteurs et vendeurs). Nous pouvons citer à titre d’exemple : la loi de l’offre et de la demande, les besoins et leur satisfaction, la monnaie, le problème de la rareté, l’équilibre du marché, la politique de prix, la négociation, la concurrence entre les vendeurs et les acheteurs, le monopole de certains produits, etc. Ces différents concepts économiques seront définis plus loin. 

Exemple 2 : 

Cet exemple peut attirer notre attention sur un problème fondamental traité par les sciences économiques : le problème de la rareté des ressources. Imaginez que vous êtes en train de visiter le salon de l’auto de Genève. Beaucoup de voitures sont exposées et vous attirent. Vous faites vos calculs, plusieurs d’entre elles sont hors de vos capacités pour l’instant. Vous décidez de faire des économies afin d’acheter une qui vous tient à cœur. Inconsciemment, vous êtes en train d’utiliser des outils préconisés par les sciences économiques. Faire des économies pour acheter la voiture de vos rêves signifie en termes économiques : épargner, satisfaire vos besoins, allouer des ressources, lutter contre le phénomène de la rareté des ressources, faire des choix, prendre des décisions, maximiser la satisfaction, etc. En fait, l’économie est tout ça et plus. 

La rareté est une caractéristique des ressources qui signifie leur présence en quantités limitées.

Si nous passons à une échelle plus grande (une région, une nation, le monde) les choses deviennent de plus en plus complexes et difficiles à gérer. Les sciences économiques essaient, comme toute science, d’adopter une démarche scientifique basée sur l’observation et l’analyse objective des relations entre les phénomènes économiques. Les sciences économiques sont une science sociale car en grande partie son objet est l’étude des comportements des acteurs (les hommes) de la sphère économique. Depuis plusieurs années, le champ d’investigation des sciences économiques s’est élargi et la complexification de la chose a poussé vers une spécialisation de plus en plus pointue. 

Depuis le milieu du XXe siècle, chaque voie de recherche en sciences économiques est devenue une discipline et une spécialité. La science économique n’est plus ce qu’elle était il y a quelques décennies, un ensemble compact. Aujourd’hui, nous sommes face à une multitude de sous disciplines. Nous trouvons à titre d’exemple : économie monétaire, économie publique, économie internationale, la microéconomie, la macroéconomie, l’économie financière, etc. 

Étudier l’économie revient à étudier des concepts (comme ceux cités en haut) et des phénomènes (par exemple le phénomène de la rareté, la croissance économique, le chômage, les échanges économiques, etc.) et par-delà apporter des réponses à des questions posées par la société. Etudier l’économie permet de comprendre son fonctionnement, les règles, les lois, ainsi que les relations qui la régissent. 

 

Quelques préjugés sur les sciences économiques 

Sans doute à cause des crises répétées et des problèmes que rencontrent les gens dans leur vécu quotidien et pour d’autres motifs, nous notons au passage que certains portent des préjugés sur les sciences économiques. Pour ne pas s’étendre sur ce point, nous citons deux préjugés qui sont à notre avis les plus symboliques. 

1. L’économie est tout simplement des mathématiques et des statistiques : FAUX !

Certains étudiants choisissent de ne pas poursuivre des études en sciences économiques à cause de l’aspect technique accompagnant cette discipline. L’aspect technique en question est matérialisé par le recours aux mathématiques. En fait, les sciences économiques utilisent certains concepts empruntés aux mathématiques ; en particulier l’utilisation des graphes, des fonctions, le calcul différentiel et l’optimisation. Ces éléments font partie des outils nécessaires à l’économiste moderne.

D’ailleurs, toutes les universités ou la quasi-totalité donnent un cours introductif de mathématique à leurs étudiants afin de les familiariser avec les besoins des cours d’économie. Nous vous présentons au dernier chapitre de ce cours un spectre des outils mathématiques utilisés par les économistes. Certes, les sciences économiques s’appuient beaucoup sur l’utilisation des graphiques, mais cela ne doit en aucun cas faire peur aux étudiants.

Effectivement, une fois que la construction et la lecture des graphiques sont acquises, il n’y aura aucun souci de compréhension. Un conseil que nous donnons toujours aux étudiants qui entament une formation en sciences économiques : dépoussiérer vos vieux livres et cahiers de mathématiques (cours suivis au gymnase). Le besoin en bagage mathématique n’est pas énorme. 

Quant aux statistiques, les sciences économiques s’appuient sur les chiffres issus de l’observation afin de comprendre les phénomènes, les relations entre différents concepts économiques et de suivre l’évolution des agrégats (valeurs) macroéconomiques. Comme toute science qui se respecte, les sciences économiques se basent sur l’observation dans le but de confirmer ou infirmer les hypothèses et les théories proposées. L’observation permet de conforter aussi les décideurs politiques et économiques dans leurs actions (politiques économiques et décisions managériales). 

2. Les gens deviennent des économistes uniquement pour faire de l’argent : FAUX !

Nous ne pouvons pas nier, au vu de ce que gagnent les financiers (bonus et autres), malgré parfois les crises, que suivre un cursus en sciences économiques pour gagner de l’argent est une motivation valable. Certes, cela est vrai pour une partie des étudiants ; cependant, beaucoup d’autres pensent faire de l’économie dans un but plus noble : aider la société à résoudre ses problèmes (chômage, crises, endettement, sous-développement, inefficacité, etc.).

Les sciences économiques sont une science sociale par excellence car leur domaine d’investigation est l’Homme et son comportement face aux affaires économiques. 

Les débouchés pour les économistes sont très variés. Nous suggérons quelques domaines où un(e) économiste peut avoir sa place : 

Education 

  • Professeur de collège
  • Chercheur
  • Professeur de haute école ou d’université

Journalisme

  • Chercheur 
  • Analyste économique
  • Correspondant

Affaires financières 

Autres domaines

  • Consultants
  • Analyste indépendant
  • Analyste freelance
  • Entrepreneur 

Comptabilité 

Administrations publiques 

  • Analyste
  • Chercheur 
  • Economiste

Banques 

  • Analyste de crédit 
  • Analyse d’investissements
  • Manager financier
  • Analyste de marché
  • Analyste économique (conjoncture)
  • Editeur économique
  • Traders
  • Gestionnaires de portefeuille

Et la liste est encore longue.

Les économistes font beaucoup de choses. Par exemple, dans les affaires ils analysent les conditions économiques, font de la prévision, donnent des conseils en matière de stratégie, planifient des projets, collectent et analysent des informations et des statistiques, analysent la situation conjoncturelle nationale et mondiale, conseillent les décideurs politiques et les managers des entreprises sur les politiques économiques, etc. 

 

Après cette introduction générale, nous proposons d’entamer le vif du sujet : la présentation des concepts les plus importants des sciences économiques. L’économiste en fait recours pour accomplir les tâches qui lui sont confiées. La structure du texte sera comme suit. 

Dans une première partie du cours, nous traitons la matière sciences économiques à la lumière de l’histoire et ses renseignements à propos de cette discipline. Nous proposons d’étudier brièvement quelques grands auteurs des sciences économiques afin de voir la naissance et l’évolution dans le temps de cette discipline. Nous parlons de quelques grands auteurs et en particulier : Adam Smith, David Ricardo, Léon Walras, Alfred Marshall et John Maynard Keynes. 

Dans une seconde partie, nous vous proposons de défricher le terrain en expliquant les enjeux de la science économique, les questions posées et les solutions apportées. Nous vous proposons un certain nombre de définitions de concepts et notions importantes en économie. Comme toute discipline, la science économique a son propre jargon et son propre vocabulaire.

Certes, il est crucial d’acquérir ce vocabulaire pour comprendre la discipline et ses sujets. Lorsque vous lisez un article économique dans un journal ou une revue spécialisée et si vous n’avez pas le vocabulaire nécessaire, il est très difficile de tout comprendre. Les notions présentées dans cette partie du cours sont vulgarisées sans démonstration rigoureuse. 

Dans une troisième partie, nous présentons les grandeurs et mesures de l’activité économique. Le produit intérieur brut (PIB), le revenu national (RN), le revenu disponible, l’inflation, la déflation, le chômage, la stagflation, la balance des paiements sont des éléments indispensables pour comprendre l’activité économique et en particulier comment quantifier celle-ci. Le PIB/RN est la mesure phare de l’activité de production dans une économie pendant une période de temps.

Certes, elle n’est pas parfaite, mais elle est la grandeur la plus répandue et la plus utilisée pour mesurer la production, la croissance économique et est l’élément le plus surveillé par les experts économiques. Cette mesure permet aussi de faire des comparaisons des situations économiques à travers le temps (l’évolution historique) et l’espace (comparaisons entre pays, voire même classification des pays et de leur performance économique). 

Nous disons quelques mots sur les politiques économiques, leur raison d’être et les objectifs poursuivis en pratiquant telle ou telle politique économique. Nous faisons par la suite un petit détour pour présenter l’économie suisse, sa structure, son système financier et plus précisément son secteur bancaire (composition et fonctions). 

Nous présentons par la suite quelques outils techniques à disposition de l’économiste. Comme toute science qui se respecte, l’économie emprunte des outils scientifiques (d’observation et de calcul) aux autres disciplines et les adaptent pour comprendre les phénomènes économiques. Nous citons à titre d’exemple les outils suivants : 

  • La modélisation
  • Les mathématiques
  • Les graphes
  • Les statistiques
  • L’économétrie
  • La prévision économique

Nous présentons quelques institutions (officielles et privées) qui jouent un rôle important dans la sphère des activités économiques en Suisse autrement dit sur le plan national comme la Banque nationale suisse, le Secrétariat d’Etat à l’économie, l’Office fédéral de la statistique, Economie suisse.

D’autres institutions internationales sont présentées aussi à la fin du cours. Ce sont des acteurs incontournables à l’échelle mondiale. Nous serons d’accord ou pas avec leurs objectifs et leur fonctionnement, là n’est pas la question. Leur présentation est incitée par leur poids et leur importance à l’échelle internationale.

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Prof. Dr. Moez Ouni

Prof. Dr. Moez Ouni

Diplômé en informatique de gestion de l’Université de Tunis en 1987, Moez Ouni poursuit ses études avec une Licence ès sciences économiques, option économie politique à l’Université de Neuchâtel en Suisse en 1998. Il complète son cursus avec un Master en économie et finance de l’Université de Genève en 2000. Moez Ouni a été chargé de cours d’économie politique à la Formation universitaire à distance (FUAD). Aujourd’hui, il enseigne l’économie et la gestion d’entreprise dans les hautes écoles spécialisées, tout en étant consultant et collaborateur scientifique à Eco’Diagnostic et l’Université de Neuchâtel. Il a développé ses compétences et s’est spécialisé dans les domaines de l’application de méthodes quantitatives en socio-économie, l’interaction entre l’économie et la sphère financière, et les études d’impact socio-économique. Il maîtrise l’anglais et l’arabe. Doctorat ès sciences économiques de l’Université de Neuchâtel en 2011

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