Le Conseil fédéral prend des mesures pour les chômeurs de plus de 60 ans et ceux qui arrivent en fin de droit

Des mesures ont été annoncées par le gouvernement pour aider les chômeurs de plus de 60 ans et ceux qui arrivent en fin de droit avant la retraite. Elles comprennent des rentes, des formations... Le monde du travail est en pleine évolution.

Pour encourager l'emploi en Suisse, le Conseil fédéral propose une série de mesures. Parmi celles-ci, un coup de pouce pour les chômeurs en fin de droit de plus de 60 ans. Pour eux, les perspectives de retrouver un emploi sont faibles : ils ne peuvent compter que sur l'aide sociale. M. Alain Berset, conseiller fédéral, trouve qu'il est inacceptable qu'il n'existe pas d'alternative pour un pays comme la Suisse. 

Des propositions ont été émises et sont soutenues par les partenaires sociaux. L'une d'elles propose qu'un chômeur en fin de droits ayant dépassé l'âge de 60 ans, sous condition que sa fortune ne soit pas trop élevée, ait droit à une prestation transitoire jusqu'à la retraite. 

En tout, le Conseil fédéral présente sept mesures pour l'emploi, signe d'un dialogue retrouvé. Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale, indique que les partenaires sociaux n'ont plus vraiment travaillé ensemble ces derniers temps et qu'une rupture a eu lieu cette dernière année mais n'est plus d'actualité. 

Les patrons, les syndicats et le conseil fédéral veulent aider les travailleurs de plus de 40 ans avec deux mesures :

1/ mieux les orienter en cas de besoin et 

2/ mieux certifier leurs compétences, 

mais aussi mieux intégrer les réfugiés et résidents étrangers. Le gouvernement propose de renforcer le pré-apprentissage et d'élargir un système d'allocations destinées aux entreprises formatrices. L'objectif de toutes ces mesures est de soutenir la main d'oeuvre indigène contre la pression extérieure. 

Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale, considère que la libre circulation apporte une certaine concurrence sur le marché du travail, ce qui implique que le gouvernement doit soutenir la main d'oeuvre indigène. Elle précise que cela ne signifie pas que les suisses manquent de travail à cause des habitants de l'Union européenne qui viennent travailler en Suisse, mais qu'il faut faire preuve de soutien de la main d'oeuvre indigène.

Les mesures annoncées devraient coûter 300 millions de francs. Le Conseil fédéral doit à présent préciser les contours de ces idées.

De telles mesures soulèvent une autre problématique avec le risque que des patrons peuvent se sentir dédouanés. Situation confirmée par Giovanni Ferro Luzzi, professeur d’économie, qui précise que ce risque est omniprésent à partir du moment où on donne un certain coussin amortisseur à des personnes qui sont au final moins à risque d’être précarisées avec ces mesures. Dès lors, il existe effectivement des employeurs qui peuvent se dédouaner et plus facilement licencier. Pour contrer un tel risque, il faut accompagner les mesures décidées par le conseil fédéral par d’autres mesures comme le renforcement de la formation. 

En Suisse, un grand nombre de personnes de plus de 55 ans et de plus de 60 ans sont présentes sur le marché de l’emploi. Des catégories qui peuvent être plus menacées à un rythme plus accéléré qu’auparavant. Le professeur confirme que la menace est présente mais surtout pour les personnes dont les qualifications sont obsolètes. Ce sont des groupes de population parmi les plus âgés mais aussi les jeunes. En l’absence de formation, ou si cette dernière est obsolète, le risque devient beaucoup plus important.

Jusque-là, le monde du travail était marqué par une forme de paternalisme social. On gardait des personnes même peu productives dans les banques, à la poste et dans les administrations, sous prétexte qu’on leur devait bien ça, mais cette tendance commence à disparaître. C’est le cas non seulement en Suisse mais dans tous les pays. Seulement, il est difficile de suivre ces cas par manque de données et de statistiques. Mais de tels cas sont en cours de disparition étant donné la grande compétitivité du marché du travail.

Pour le professeur Giovanni Ferro Luzzi, il serait avisé de miser sur la formation, la formation continue et la mise à jour des compétences afin de rester compétitif sur le marché de l’emploi.

Source : RTS

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.