Le succès autrement: 10 mythes liés à la carrière

La réussite d’une carrière professionnelle dépend fortement d’un certain nombre de critères comme la maîtrise de plusieurs langues étrangères, la disposition d’un large réseau de contacts, le cumul de plusieurs heures supplémentaires, etc.

Mais de tels facteurs sont-ils réellement requis pour réussir au niveau professionnel ou ne s’agit-il que d’un mythe?

1. Cumuler les heures supplémentaires

Faire des heures supplémentaires peut être une bonne chose mais ce n’est pas une garantie de la réussite de votre carrière. D’une part, travailler plus ne signifie pas travailler mieux pour produire un travail de qualité. C'est une source d'épuisement, d'absence et donc d’improductivité.

D’autre part, ceci peut être interprété comme une incapacité à déléguer le travail à autrui.

Faire des heures supplémentaires est une cause de l’absence de toute vie privée et de loisirs et dans ce cas vous serez beaucoup plus stressé. Or, le travail ne devrait être pas une torture, mais un moyen pour vivre mieux.

2. L’éloge de soi, une source d’antipathie ?

Vous êtes traité d’égocentrique ou de vaniteux pour la simple raison que vous avez fait éloge de vous-même? Eh bien, il faut chasser cette idée car il s’agit d’une simple reconnaissance de vos mérites et un moyen d’auto-motivation.

Si vous ne vous montrez pas vos capacités et vos compétences en les soulignant, personne ne le fera pour vous et personne autour de vous ne les reconnaîtra. Il ne faut pas avoir peur d’être traité de fanfaron, c’est même nécessaire pour faire connaître vos aptitudes. Il est à noter que les femmes sont beaucoup plus modestes lorsqu’il s’agit de travail.

Mesdames, c’est certainement une des raisons pour lesquelles vous êtes moins antipathiques que les hommes (désolé messieurs).

3. La disponibilité

Etre disponible pour autrui c’est bien. Néanmoins, il faut aussi savoir garder vos distances lorsqu’il le faut pour vous concentrer sur votre travail et gagner en efficacité. En d’autres termes, il faut établir un ordre de priorités, des limites et s’y tenir.

4. Lancer sa carrière dans une grande structure

Ne pensez surtout pas que les grandes carrières n’ont lieu que dans les grandes structures. Peu importe la taille de l’entreprise dans laquelle vous travaillez, le plus important c’est le poste occupé et les responsabilités qui y sont liées. Une petite structure offre l’opportunité d’exécuter des tâches variées et plus intéressantes.

Par exemple, si vous travaillez dans une petite entreprise innovante et à forte croissance (comme des startups), c’est l’occasion de vivre une aventure unique de par sa richesse, mais aussi pour pouvoir apporter une contribution qui marquera l’entreprise et ses clients.

5. Les diplômes sont requis pour l’avancement de carrière

Le fait d’avoir un parcours universitaire ou d’une haute école ou de décrocher des diplômes fédéraux sont des facteurs très importants de réussite et d’évolution pour votre carrière. Cependant, ce n’est pas une condition absolue pour réussir.

En effet, non seulement il est possible de se former en dehors de parcours classiques, avec des écoles privées. Mais, d’autres éléments entrent aussi en ligne de compte, comme la personnalité du salarié.

Votre attitude, votre capacité à vous remettre en question, la volonté de se former pour accroître vos compétences, le respect d’autrui et de votre travail, la collaboration avec vos collègues, votre faculté d’apprendre rapidement et efficacement sur le terrain sont autant de facteurs décisifs dans la réussite de votre carrière.

6. L’adaptation pour évoluer

Dire oui à tout n’est pas considéré comme un atout ou un moyen d’adaptation. Ce sera surtout perçu comme un manque de personnalité. Et il faut dire que les « jasagers » (qui disent oui à tout) et les girouettes ne sont pas spécialement appréciés, cela même pas par les supérieurs hiérarchiques car ils ne peuvent pas se démarquer.

Il faut savoir donner votre avis et argumenter le cas échéant. C’est important car l’on se rappellera aisément d’une personne réactive plutôt qu’une personne passive qui se fond dans le décor.

7. Une expérience internationale est un plus

Avoir une expérience professionnelle à l’étranger est certes un atout non négligeable pour le développement personnel, mais pas nécessairement pour une carrière professionnelle. Parfois, c’est même un obstacle car les bons postes sont distribués sur les autres employés restés au pays.

D’un autre côté, réaliser une bonne performance à l’international peut être considéré comme un handicap, car il n’y a pas de raison pour relocaliser une personne performante à l’étranger. En définitive, cela dépend du poste. Si le poste requiert une expérience de l’international, il est clair que cela constitue un avantage.

L’attitude et l’état d’esprit développé lors d’un emploi ou des études à l’étranger peut certes être valorisé lors d’une candidature. Cependant, c’est dans la plupart des cas un « nice to have » et pas un « must have ».

Par exemple, si vous travaillez dans le domaine de la comptabilité suisse, le contexte légal international n’est pas nécessairement intéressant.

8. Poursuivre des objectifs fixes

Lorsqu’un objectif tourne à l’obsession, il y a de fortes chances que vous manquiez les sérieuses opportunités qui se présentent à vous. Certes, il serait pertinent d’avoir un but clair à suivre, mais il faut faire preuve de flexibilité car les objectifs changent avec le temps et il faut savoir vous adapter. Il n’est pas utile de s’acharner si, manifestement, les choses ne se passent pas comme prévu.

Il est plus intelligent de contourner le problème ou la résistance en pivotant l’approche par exemple ou simplement en passant à autre chose. Il est tout à fait autorisé d’abandonner un projet qui ne fonctionne pas ou pas aussi bien qu’espéré. Le fait de ne pas se borner est une preuve d’intelligence et de sagesse.

9. La serviabilité, un avantage de taille

Etre serviable et aider les autres est un comportement qui est perçu comme un atout dans la vie privée. Toutefois, dans le domaine professionnel, cela sera considéré comme une faiblesse. Une telle personne suscite des doutes car son amabilité peut être juste un déguisement lié à son incapacité à gérer les situations difficiles et à prendre les décisions qui s’imposent. Sachez donc dire non parfois.

10. Le développement du réseau social

Avoir de nombreux contacts sur les réseaux sociaux peut être avantageux pour dénicher de sérieuses opportunités. Mais, parfois ceci peut être un facteur de risque, car il ne faut pas dévoiler votre intention de donner une nouvelle orientation à votre carrière. Une telle chose peut atteindre aisément les oreilles de vos supérieurs et collègues. D’un autre côté, avoir de nombreux contacts n’est pas nécessairement utile, il vaut mieux privilégier la qualité à la quantité.

Nota bene

La notion de réussite est très arbitraire. Cela peut être le niveau de responsabilité, l’autonomie dans les décisions, la taille de l’équipe à gérer, le niveau de salaire, la cause pour laquelle travailler, le temps libre à disposition, etc.

Il vous appartient donc de définir ce qu’est selon vous une carrière réussie.

La personnalité et les compétences, la résistance au stress, une bonne santé physique et un bon équilibre psychologique sont également des facteurs clés pour déterminer le niveau de réussite d’une carrière. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne en ce qui concerne les capacités.

Le succès d’une carrière dépend aussi du background familial, des opportunités saisies, de l’audace, du prénom, bref de beaucoup d’éléments non maîtrisables.

En tous les cas, pour les éléments plus ou moins maîtrisables, il n’est pas nécessaire de travailler des heures interminables pour réussir. Au contraire, cela pourrait s’avérer contre-productif et nuire à sa carrière en raison d’un épuisement professionnel par exemple.

Il s’agit plutôt de se concentrer sur les activités qui sont les plus importantes. C’est le fameux principe de Pareto. 20% des efforts produisent 80% des résultats. Dès lors, il s’agit de bien sélectionner ses combats.

Il en va de même avec le sport ou la formation. Il vaut mieux se concentrer sur les tâches qui « rapportent » quelque chose en travaillant ou apprenant intelligemment sur la durée, plutôt que des faire des efforts trop intenses et vains. Il faut s’assurer un retour sur investissement à moyen et long terme de ses efforts.

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.