Eléments du cognitivisme

Le propre du cognitivisme est de considérer la pensée comme un ordinateur, soit un processus de traitement de l’information qui passe notamment par le recueil, l’enregistrement, la modification, le stockage, la recherche, l’interprétation d’informations accumulées qui vont amener un individu à prendre des décisions et orienter ses actions. « Pour les cognitivistes, apprendre revient à intégrer des informations nouvelles en mémoire et, plus exactement, en mémoire à long terme » (Lindsay et Norman, 2004 p. 492, Crahay, 2011).
 

La procéduralisation des connaissances déclaratives

 
Il y deux types de mémoire à long terme (MLT) : la mémoire épisodique et la mémoire sémantique. La mémoire épisodique contient les choses liées à la personne, ses souvenirs d’enfance, ses événements de vie. Quant à la mémoire sémantique, on y trouve les connaissances générales. Elle est subdivisée en trois catégories, à savoir les connaissances déclaratives (ou explicites), les connaissances procédurales (ou implicites) ainsi que les connaissances conditionnelles.
 
Les connaissances déclaratives concernent principalement la compréhension de concepts et théories appris et le modèle mental, qui est représentation personnelle de l’environnement (Weltanschauung).
 
Les connaissances procédurales, quant à elles, touchent à des connaissances liées à l’action et le développement des savoirs-faire (ou des compétences), par le développement de règles de production (procédures), et la procéduralisation des connaissances et leur organisation est une phase primordiale du développement des compétences.
 
Pour résoudre un problème, il est nécessaire d'utiliser ses connaissances déclaratives dans l'action. L'apprenant-e développe alors une ou plusieurs méthodes (procédures) pour résoudre le problème; c'est le principe de la procéduralisation des connaissances déclaratives, un phénomène qui vise à développer des compétences.
 
Quant aux connaissances conditionnelles, elles interviennent au niveau des connaissances déclaratives et procédurales à des fins d’ajustements et de choix en ce qui concerne le meilleur modèle à appliquer compte tenu d’une situation.
 

Pour assurer la maîtrise intelligente des procédures et éviter les erreurs systématiques, les automatismes doivent être accompagnés d’un contrôle conceptuel (provenant des connaissances déclaratives), d’où un va-et-vient dans la mémoire sémantique entre les connaissances déclaratives et procédurales.

Enfin, il s’agit de distinguer le « traitement automatisé » des connaissances procédurales et le « traitement contrôlé » qui consiste à interpréter des connaissances déclaratives. Ce dernier est notamment plus lent et coûteux que le traitement automatisé. Par ailleurs, pour devenir expert dans un domaine, la maîtrise de ces trois champs de connaissances est indispensable, à savoir les connaissances déclaratives, procédurales et conditionnelles.
 
Tout l’intérêt est de procéduraliser les connaissances, car une fois celles-ci procéduralisées, le traitement des informations est notamment rapide et peu coûteux en effort du fait que les réponses souhaitées ou comportements cibles sont inconscients ou presque.
 
Ci-après, les trois étapes liées à la procéduralisation des connaissances :
 
1. apprentissage des connaissances déclaratives
2. procéduralisation des connaissances déclaratives
3. automatisation des connaissances procédurales
 
Pour procéduraliser et automatiser des connaissances, il est dès lors nécessaire d’utiliser des connaissances déclaratives et procéduralisées, d’où un certain degré de répétitions requis et de facto du temps. Une notion de drill and practice développé par Thorndike pour créer des connexions (Crahay & Marcoux, 2012 - 2013) existe donc.
 
Dans le cadre des objectifs d’ apprentissage en lien avec les formations en comptabilité de BetterStudy , il ne s’agit seulement d’acquérir ou développer des connaissances, mais des compétences comptables. En réalité, une connaissance applicable dans une action (soit une connaissance procédurale) devient une compétence.
 
En plus de procéduraliser des connaissances déclaratives, il est essentiel pour l'apprenant-e de le rendre conscient de ce qu’il maîtrise et/ou de ce qu’il ne maîtrise pas. Un accompagnement tout au long de sa formation de la part un formateur ou d'une formatrice est donc judicieux. C'est précisément ce que nous faisons avec nos cours de comptabilité .
 
C'est l'objet de l'article sur le transfert de compétences .
Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.