Les changes : comment convertir des monnaies étrangères en comptabilité ?

On parle de change lorsqu’on convertit une monnaie en une autre. Plusieurs cours sont à prendre en considération.
 
Le cours de change correspond au prix en francs suisses d’une ou de cent unités d’une monnaie étrangère. Les prix des monnaies varient tous les jours, selon l’offre et la demande. Même s’il existe des tableaux de change permettant d’effectuer des calculs, nous ne présenterons pas de taux de change dans cet article puisqu’ils ne sont jamais identiques.
 
Cependant, la plupart des pays contrôlent les changes, afin d’éviter une trop grosse variation du taux de change, notamment pour contrôler les pertes et les gains que la variation du taux de change peut entraîner lors d’une négociation dans une autre monnaie.
 
Le cours d’achat est le prix auquel la banque achète la monnaie étrangère, alors que le cours de vente est, au contraire, le prix auquel la banque vend la monnaie étrangère. La différence entre les deux cours s’appelle la marge pour la banque.
 
Le cours des devises est utilisé dans le cadre du règlement des transactions commerciales et financières (sans mouvement de monnaies ni de billets). Le cours des billets s’adresse principalement aux touristes (mouvement de billets et de pièces de monnaie).
 

Billets et devises

 
Depuis le 1er janvier 2002, les pays membres de l’Union européenne ont mis en circulation des pièces et des billets libellés dans la même monnaie : l’Euro (EUR). Tous les pays de l’UE n’ont pas choisi l’Euro, citons le Danemark qui a gardé la Couronne danoise (DKK), la Grande Bretagne et sa Livre sterling (GBP) et la Suède, dont la monnaie est la Couronne suédoise (SEK).
 
Chaque pays membre de la zone euro émet ses billets en euros, ainsi que ses pièces qui ont une face commune et une face distincte par pays participant.
 
Ainsi tous les pays voisins de la Suisse achètent en euros, mangent en euros, voyagent en euros et comparent en euros. Grâce à la monnaie unique, le consommateur peut comparer facilement les prix entre les pays, puisque les variations de change n’existent pas dans la zone « euro ».
 

Conversion de monnaie étrangère en CHF

 
Pour obtenir le montant en CHF quand on connaît le montant en monnaie étrangère, il faut appliquer la formule suivante : Monnaie en CHF = Monnaie étrangère x cours de change.
 
Lorsque le cours, exprimé en CHF, représente 100 unités de monnaies étrangères tel que le Yen japonais (JPY), la Couronne suédoise (SEK), la Couronne danoise (DDK) ou la Couronne norvégienne (NOK), il faut encore diviser le résultat par 100.
 
Exemple :
Lors de votre retour d’un voyage en Europe, vous désirez changer le reste de vos Euros s’élevant à EUR 3’400.-. La banque suisse ou le bureau de change, appliquant, par exemple, un cours d’achat de 1.12, vous donnera : 3’400 x 1.12 = CHF 3'808
 
S’il s’agit de 3’400 Yen dont le cours d’achat est de 0.8430 le résultat est de : 3’400 x 0.8430 / 100 = CHF 28.65.-
 

Change de CHF en monnaies étrangères

 
Pour obtenir le montant en monnaie étrangère lorsqu’on connaît le montant en CHF, il faut appliquer la formule suivante : Monnaie étrangère = Monnaie CHF / cours de change.
 
Lorsque le cours, exprimé en CHF, représente 100 unités de monnaies étrangères tel que le Yen japonais (JPY), la Couronne suédoise (SEK), la Couronne danoise (DDK) ou la Couronne norvégienne (NOK), il faut encore multiplier le résultat par 100.
 
Exemple :
Un touriste suisse, désirant se rendre en France, achète des EUR dans un bureau de change. Il remet un montant de CHF 3’500.-. Combien va-t-il recevoir d’euros si le taux de change à la vente est de 1.1294 ? Le résultat est de 3’500 / 1.1294 = EUR 3’099.-
 
S’il s’agit de Yen dont le cours de vente est de 0.8952, le résultat est de : 100 x 3’400 / 0.8952 = 379’803 JPY.
 

Recherche du cours

 
Si on veut connaître le cours appliqué lors d’une opération, il suffit de diviser les CHF par le montant en monnaie étrangère d’après la formule suivante : Cours de change = Monnaie CHF / Monnaie étrangère.
 
Lorsque le cours, exprimé en CHF, représente 100 unités de monnaies étrangères tel que le Yen japonais (JPY), la Couronne suédoise (SEK), la Couronne danoise (DDK) ou la Couronne norvégienne (NOK), il faut encore multiplier le résultat par 100.
 
Exemple :
Dans une banque suisse, le caissier remet, à un touriste EUR 4’500.- contre CHF 4’995.-. Quel est le cours de change appliqué ? Le résultat est de : 4’995 / 4’500 = 1.11.
 
En achetant des Couronnes danoises, vous recevez 6’535 DKK pour CHF 1’000.-. Quel est le cours de change appliqué ? Le résultat est de : 100 x 1’000 / 6’535 = 15.30.

 

 

 

Utilisation des monnaies étrangères dans la comptabilité

 
La monnaie utilisée pour la tenue des comptes en suisse est libre, soit dans la monnaie locale (en francs suisses) soit dans la monnaie la plus courante dans les activités de l’entreprise (Art. 957a al. 4 CO).
 
Toutefois, lors de la présentation des comptes annuels, les comptes doivent apparaître en francs suisses. Dès lors que la tenue de la comptabilité est en monnaie étrangère, la conversion en francs suisses est obligatoire, en principe au cours moyen du mois de la clôture. Dans tous les cas, le taux de conversion est indiqué dans l’annexe (Art. 958d CO).
 
Toute monnaie qui diffère de la monnaie utilisée en comptabilité sera considérée comme monnaie étrangère. Ainsi, si une entreprise suisse agit principalement aux Etats-Unis, elle tiendra sa comptabilité en USD, et le CHF sera donc considéré comme une monnaie étrangère.
 

Les cours de change

 
Il existe différentes méthodes fiables permettant de déterminer les cours de conversion pour l’enregistrement des opérations en monnaie étrangère :
  • Cours au moment de l’opération, cours de transaction : les transactions en monnaie étrangère sont enregistrées au cours de conversion applicable au moment de la transaction ;
  • Cours de paiement : en utilisant par exemple le taux utilisé par la banque le jour du paiement ;
  • Cours comptable fixe : les cours comptables correspondent à des cours internes déterminés par l’entreprise, qui sont provisoires et fixés pour une période donnée, et sont souvent arrondis. L’entreprise en aura besoin pour convertir des factures (qui ne sont pas enregistrées au cours du jour ou cours du paiement), des rabais, des escomptes, des retours et des pertes sur débiteurs.
 
Si l’entreprise utilise cette dernière méthode, elle devra être attentive aux fluctuations des taux. En effet, si l’écart entre le cours interne fixé et les cours réels devient important, il faudra l’adapter, même en cours d’exercice afin que les comptes restent pertinents et montrent une image fidèle.
 
Lorsqu’une entreprise choisit une méthode d’évaluation, elle doit ensuite s’y tenir durant tout l’exercice comptable et, en principe, ne pas en changer, toujours selon le principe de régularité (Art. 958c CO).
 
Pour calculer la TVA et l’impôt sur les acquisitions, l'Administration fédérale des contributions (AFC) publie de manière journalière les cours des différentes monnaies étrangères en rapport au franc suisse. Un cours moyen mensuel est également disponible, il est calculé sur l’évolution du cours du mois précédent. Pour faciliter la préparation du décompte de TVA ces derniers sont souvent utilisés par les entreprises comme taux de référence.
 

Les différences de change

 
Puisque l’entreprise utilise des cours différents dans son évaluation, ces différences de cours ne seront pas comptabilisées au même moment :
 
· comptabilisation au fur et à mesure pour les opérations de paiement et lors de la clôture des postes ouverts ;
· comptabilisation seulement à la clôture de l’exercice pour les opérations survenues durant la période comptable.
 
Il existe différentes méthodes et postes d’enregistrement des variations de changes lors de la comptabilisation. Les comptes de différence de change sont répartis selon les degrés du compte de résultat. Les variations seront ainsi identifiées comme faisant partie du 1er, 2ème ou 3ème degré.
 
Une des méthodes les plus fréquemment utilisées se présente ainsi :
  • directement dans le compte initial en ce qui concerne les achats et ventes de marchandises, les machines et les titres, ce qui fait que le compte contiendra toujours la valeur effectivement payée ;
  • dans un compte de différences de change, ce qui fait que le compte initial (en francs suisses) ne sera pas influencé par la variation future. Les variations de cours, étant considérées comme des risques financiers dans le cas présent, feront donc partie des charges ou produits financiers.
 

Clôture des comptes tenus en monnaies étrangères

 
Lors de la clôture des comptes en monnaies étrangères, par exemple compte créance-clients en EUR ou banque en USD, il faut convertir le montant exprimé en monnaies étrangères en CHF en utilisant le taux de change déterminé et passer une écriture de correction soit en gain de change soit en perte de change.
 
Le calcul de la différence de change sera effectuée périodiquement (mais au moins lors du bouclement des comptes).
 
Dans la pratique, ceci est souvent réalisé par le logiciel comptable utilisé. Il conviendra de paramétrer le système en saisissant les taux moyens et les taux de réévaluation à utiliser afin d’automatiser la conversion ainsi que le calcul et la comptabilisation des gains ou des pertes de change correspondants.
 
Dans l’apprentissage de la comptabilité, nous apprenons la méthode des « comptes à 4 colonnes ». Ceci nous permet finalement de visualiser et de comprendre ce qui a été automatisé dans les logiciels comptables.
 
Le principe des comptes à 4 colonnes est de tenir le compte en deux monnaies, à savoir en monnaie fonctionnelle et en monnaie étrangère.
 
Prenons un exemple (sans tenir compte de la TVA) :
 
 
 
A . Vente de marchandises à un client le 15.08 pour EUR 2'200, cours actuel 1.1625
 
B. Règlement de notre client le 14.09 au cours du jour du paiement, 1.1525 sur notre compte bancaire en CHF.
 
Nous constatons à la lecture du compte Créance-clients à 4 colonnes qu’il présente un solde de CHF 22.-. Celui-ci représente la différence de change (différentiel entre les deux taux 1.1625 et 1.1525). Il faut donc la sortir du compte en enregistrant la différence de change, comme ci-dessous . En effet, nous ne pouvons pas laisser apparaître un montant dans ce compte, la facture ayant été réglée en totalité par notre client.
 
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Evaluation des postes du bilan en monnaie étrangère dans les états financiers annuels (conversion des états financiers annuels en CHF)

 
En fin d’année, pour les entreprises tenant leur comptabilité dans une monnaie fonctionnelle autre que le CHF, la loi impose la mention de la contre-valeur en CHF dans les états financiers annuels.
 
En revanche, aucune méthode n’est précisée dans la loi.
 
Dans la pratique, différentes méthodes existent, la méthode du cours de clôture est fréquemment utilisée, elle se présente ainsi :
  • bilan et capitaux étrangers : cours de clôture, c’est-à-dire taux en vigueur à la date de clôture (par ex. le 31 décembre) ;
  • capitaux propres : cours historiques, correspondant au taux du jour de la transaction ;
  • compte de résultat : cours moyen calculé sur la base des taux mensuels de l’année, pondérés sur la période (12 mois par ex.) ;
  • annexe : même cours que la rubrique concernée.
 
Dans tous les cas, le taux de conversion utilisé est indiqué dans l’annexe (Art. 958d CO).
 
De ce travail de conversion, résultera une différence de change, ou plutôt un écart de conversion qui provient des différents taux de change utilisés. Il se détermine par différence au bilan.
 
Pour ce travail de conversion annuelle des états financiers, il conviendra de veiller à respecter les recommandations du MSA (Manuel Suisse d’Audit)
“Suivant l’évolution des cours des monnaies étrangères, il importe de suivre ou de garantir le principe de la valeur la plus basse à savoir que les dispositions concernant l’évaluation pour les différents postes du bilan doivent également être respectées en cas de conversion en monnaie étrangère”
ainsi que les principes d’évaluation du Code des obligations (Art 960) .
 

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DEMANDE  D'INFORMATION

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.

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