Se préparer avant un entretien d'embauche

Un entretien d’embauche est une source de stress. Vous ne connaissez pas les locaux dans lesquels vous serez reçus, vous allez rencontrer de nouvelles personnes, être évalué sur de nombreux aspects, allez devoir répondre à des questions que vous ne connaissez pas et des événements inattendus pourraient survenir. Afin de réduire cet état d’anxiété, préparez-vous au maximum avant l’entretien.


Renseignez-vous sur l'entreprise

Le minimum est de parcourir le site internet de la société et de repérer les produits et services qu’elle propose. Visualisez l’organigramme, la charte d’entreprise, la présentation des responsables de départements, etc. Si vous connaissez le nom de la (des) personne(s) qui va (vont) vous recevoir, allez consulter son (leur) profil LinkedIn également. Mettre un visage sur un nom enlèvera une inconnue supplémentaire à l’équation stressante de l’entretien.

Vous pouvez également rechercher des articles sur l’entreprise, lire la presse spécialisée ou recueillir le ressenti de vos proches qui connaîtraient l’entreprise, sur l’ambiance, le processus de recrutement, leur expérience, etc. Faites toutefois attention à ne pas prendre cela pour parole d’évangile, ce sont des informations subjectives. Si l’entreprise est présente dans les médias, soyez au fait des dernières news à son sujet.

L’idée étant de savoir où vous mettez les pieds, prouver votre intérêt pour l’entreprise et coller au maximum aux valeurs et à la culture d’entreprise, pour autant bien sûr que vous vous identifiez à ces dernières.


Faites le lien entre l'annonce et votre CV

Relisez attentivement l’offre d’emploi et notez les points forts du profil recherché (formations, expériences, qualités, etc). Vous pourrez ainsi relever les matchs avec votre CV, en restant aussi objectif que possible. Vous pouvez faire le même exercice en listant les tâches et responsabilités du poste proposé et en faisant le lien avec vos diverses expériences professionnelles.

Mettez-vous à la place du recruteur en vous demandant ce qui va l’intéresser dans votre parcours. Attention, ne pensez pas que le diplôme exigé pour le poste, que vous avez obtenu il y a 2 ans, est un atout à proprement parler, il s’agit d’un critère de base pour le recruteur et sans ce dernier, vous n’auriez probablement pas été retenu. Sortez du lot ! Pensez plutôt à ce qui vous différencie des autres candidats, à ce que vos dernières expériences vous ont apporté et à ce que vous pourriez apporter à l’entreprise. Notez les compétences professionnelles bien sûr (hard skills ou savoir-faire) mais également les compétences inter-personnelles (soft skills ou savoir-être).

Une qualité requise pour le poste (dynamique, ayant l’esprit d’équipe, sens de l’organisation, etc) ressortira au travers d’une anecdote liée à une activité extra-professionnelle, une réussite particulière, un projet ou un échec.


Préparez les documents à emporter

Mettez ces documents dans un trieur ou un porte-documents, pour ne pas donner l’impression d’être désorganisé ou brouillon. Au plus tard la veille de l’entretien, pensez à regrouper :

  • La convocation à l’entretien
  • L’offre d’emploi
  • Deux dossiers de candidature. Même si le recruteur l’a reçu en amont, d’autres personnes pourraient se joindre à vous pour l’entretien, pourraient ne pas avoir imprimé votre dossier ou pourraient l’avoir égaré.
  • De quoi prendre des notes, papier, stylo et agenda pour le cas où l'on vous fixe un autre rendez-vous.
  • Le plan détaillé d'accès à l'entreprise pour éviter de vous perdre ou d'arriver en retard. Si vous avez la possibilité de repérer le trajet et l’entrée des locaux en amont, faites-le, cela rendra le lieu plus familier le jour de votre entretien.


Entraînez-vous à la prise de parole

Plus vous serez entraîné, moins vous bafouillerez, moins vous rougirez et moins votre voix tremblera. Commencez par préparer le célèbre Elevator pitch. Il s’agit de dire qui vous êtes et de présenter votre parcours dans les grandes lignes, en mettant en avant vos atouts principaux. Ce pitch doit durer une minute maximum. Exercez-vous plusieurs fois, devant un miroir ou devant vos proches, jusqu’à ce que votre discours soit fluide, votre vitesse de parole ni trop rapide, ni trop lente et votre voix posée et non tremblante.

Ensuite, entraînez-vous à répondre à quelques questions classiques sur votre parcours, vos expériences, etc, de manière concise, suffisamment détaillée mais sans vous perdre dans votre explication. Si vous ressentez le besoin d’avoir des notes pour débuter l’entraînement, préférez des mots clés et évitez les phrases complètes, le but étant de pouvoir fixer votre interlocuteur et non votre feuille de papier. Cette feuille ne devra bien sûr pas être utilisée lors de votre entretien.


Préparez vos réponses aux questions prévisibles

Il n’y a que très peu de chance que vous échappiez aux questions suivantes lors d’un entretien d’embauche. Alors préparez vos réponses !

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

C’est ici qu’il faut placer votre Elevator pitch. Le recruteur souhaite savoir si vous êtes capable de sélectionner les points clés de votre parcours. Il se permettra probablement de vous interrompre pour vous détailler une de vos expériences ou vous demander un exemple concret. A vous de démontrer que vous maîtrisez votre sujet et que vous acceptez de sortir de votre discours préparé.

Pourquoi avez-vous postulé auprès de notre société? Que savez-vous de notre entreprise ? 

Votre préparation sur l’entreprise, ses activités, ses valeurs et sa culture vous seront ici de la plus grande utilité. Evitez les banalités du genre « le poste semble très intéressant », à priori si vous y avez postulé, c’est qu’il vous semble évidemment intéressant. Relevez les éléments qui vous ont attiré et faites le lien avec votre parcours ou votre personnalité.

Pourquoi souhaitez-vous changer d’emploi ?

Cette question peut avoir deux objectifs : premièrement, votre réponse permettra de savoir si vous abandonnez rapidement suite à un conflit par exemple, si vous vous lassez vite ou au contraire, si vous avez fait preuve de persévérance et de fidélité dans votre emploi précédent. Deuxièmement, elle laissera entendre la manière dont vous allez parler de votre ancien employeur. En aucun cas, vous ne devez laisser échapper des critiques virulentes sur ce dernier, même si un conflit vous a décidé à quitter l’entreprise. Préférez une réponse qui met en avant un nouvel objectif professionnel, la recherche d’un nouveau challenge, une opportunité d’évolution, etc.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ? Où vous voyez-vous dans 5-10 ans ?

Le recruteur notera la manière dont vous vous projetez dans l’avenir et si vous avez défini des projets professionnels concrets. Attention, soyez malin et recoupez ces objectifs avec les besoins de l’entreprise, laissez entendre que vous êtes également à l’écoute de toute évolution intéressante.

Pourquoi êtes-vous la personne idéale pour le poste ?

Synthétisez vos qualifications et traits de personnalité en faisant le lien avec la culture d’entreprise et le profil recherché, autant que possible. Relevez également ce que VOUS pourrez apporter à l’entreprise, l’idée étant toujours de vous démarquer des autres candidats.

Quels sont vos points forts et vos points faibles ? Racontez-nous une expérience dont vous êtes particulièrement fier ? Donnez-nous un exemple d’échec ?

Ces questions pourront être posées de plusieurs manières différentes. Mentionnez 2 ou 3 points forts, mais faites attention à ne pas paraître trop vantard. Je suis le meilleur dans le domaine ouJe n’ai jamais fait une seule erreur, sont à proscrire. Faites preuve d’humilité sans dénigrer vos compétences pour autant. Parler de votre fiabilité, votre flexibilité, votre bonne humeur, votre rapidité à apprendre de nouvelles tâches, votre gestion du stress, votre bonne organisation ou encore votre proactivité.

Concernant les points négatifs, je dirai qu’ils sont encore plus importants. N’ayez pas peur de parler de vos faiblesses ou de vos échecs, et expliquez la manière dont vous les avez surmontés. Cela démontrera votre capacité à reconnaître vos erreurs et à rebondir. Avoir des zones d’ombre dans un parcours de vie est tout à fait normal, il ne sert à rien de les cacher, il est probable que le recruteur creuse pour en trouver, alors préparez-vous à cela en les assumant et en trouvant du positif dans ces situations plutôt qu’en les niant. Mais attention toutefois à ne pas vous nuire. Évitez donc les Je m’emporte facilement ou Je suis bordélique. Quant au cliché Je suis perfectionniste, c’est à la fois une qualité et un défaut, le recruteur a déjà entendu cette réponse mille fois, alors soyez plus authentique.

Des exemples illustrant vos réponses vous seront peut-être demandés, ayez quelques anecdotes en têtes.

Quel est votre rapport à la hiérarchie ? A quoi ressemble votre chef idéal ? Quelle place avez-vous dans une équipe de travail ?

Le recruteur souhaite découvrir la manière dont vous interagissez avec votre entourage professionnel. Vous pouvez décrire le fonctionnement de votre équipe actuelle par exemple, pour autant que celui-ci soit bon. Restez positif, dosez votre position et évitez les extrêmes. J’ai besoin d’être le leader du groupe en toutes circonstancesJe suis toujours en retrait ou Mon chef doit me laisser toute la liberté que je souhaite, sont des exemples de réponses à éviter à tout prix.

Y-a-t-il un trait de caractère chez l’autre qui vous gêne particulièrement ?

Répondez avec prudence et évitez les formules comme Je déteste... ou Je ne supporte pas quand... Formulez plutôt Il n’est pas évident pour moi de... ou J’ai plus de peine à être efficace lorsque.... Aussi, évitez les sujets politiques, religieux ou gênants. Vous pouvez parler de manière plus anodine d’un manque d’implication ou de tolérance ou du respect de la ponctualité.

Que me dirait votre ancien collègue si je lui demandais de me parler de vous ?

Le recruteur souhaite savoir si vous avez la capacité de sortir de votre propre perception en vous mettant à la place de l’autre. Évitez de répéter une qualité ou un point fort que vous auriez déjà mentionné. Pensez à parler de votre esprit d’équipe, votre sens de l’entraide, votre bonne humeur ou votre polyvalence.

Quelles sont vos prétentions salariales ?

Le montant ou la fourchette de salaire que vous articulez doit de préférence être arrondi vers le haut, ce qui vous laissera une marge de manœuvre en cas de négociation. Ne répondez pas que vous ne savez pas ce qui se pratique, que vous préférez ne pas vous avancer ou encore que vous aimeriez que ce soit l’employeur qui vous fasse une proposition. Même si vous êtes désespéré et que vous accepteriez n’importe quel salaire ou presque, ne donnez pas cette impression au recruteur. Vous devez connaître votre valeur sur le marché de l’emploi et pouvoir en justifier le montant. Attention tout de même, dans la plupart des cas, il est plus facile d’augmenter son salaire en arrivant dans une nouvelle entreprise qu’une fois dans l’entreprise, d’obtenir une progression salariale conséquente. Tenez également compte de la taille de l’entreprise, une PME ou une multinationale n’auront pas le même budget pour un poste similaire.

Comment qualifieriez-vous votre gestion du stress ?

Donnez un exemple d’une situation professionnelle particulièrement stressante que vous avez vécue, en décrivant la manière dont vous l’avez gérée, dans les faits mais également émotionnellement. Personne n’est épargné par le stress à notre époque et dans notre société. Le recruteur veut découvrir votre capacité à résoudre une situation compliquée mais également les ressources en votre possession qui vous permettront de prendre du recul et de ne pas être submergé par ce stress.

Quels sont vos loisirs ?

En vous faisant parler d’une activité ou d’une passion extra-professionnelle, le recruteur cherche probablement à vous faire « perdre le contrôle » sur un discours parfois trop préparé. Si vous sélectionnez une activité sportive, préférez un sport de groupe qu’une activité solitaire, cela évoquera votre esprit d’équipe. Toutefois, si votre passion est plus intellectuelle, comme la lecture ou le cinéma d’auteur, expliquez en quoi cette activité vous ressource (elle vous détend ou vous permet de vous évader par exemple). Si vous prenez part à une activité bénévole, il sera toujours très bien vu d’en parler.

De manière générale, n’apprenez pas les réponses à ces questions par cœur, entraînez-vous à y répondre de la manière la plus authentique qui soit. Le recruteur ne s’intéressera pas uniquement au contenu de vos réponses, mais également à la forme de ces dernières, à votre attitude et à vos réactions durant l’entretien.

Vous êtes maintenant prêt à vous présenter à votre entretien !

Les éléments à considérer PENDANT votre entretien d’embauche seront détaillés dans un prochain article.

Christophe Rieder

Christophe Rieder

Christophe Rieder dirige BetterStudy Swiss Online Education, l'institut de formation en ligne qu'il a fondé pendant ses études d'enseignant de la formation professionnelle. Après avoir travaillé quatre années dans la banque privée à Genève, Christophe décide de se reconvertir dans l'enseignement. Il a été formateur d'adultes en comptabilité à Genève et à Lausanne dans plusieurs écoles professionnelles privées. Christophe est aussi Maître d'enseignement à l'Ecole de Commerce Raymond-Uldry dans le canton de Genève, où il enseigne la gestion à des jeunes qui préparent un CFC d'employé(e) de commerce ou une maturité professionnelle commerciale. Christophe est titulaire d'un Master of Science HES-SO in Business Administration de HEG-Fribourg et d'un Diplôme fédéral d'Enseignant de la formation professionnelle. Il a effectué divers séjours d'études en Chine, aux Etats-Unis, en Irlande, en Allemagne et en Angleterre.